Portrait de Franck Paquiet, directeur de la communication de l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne depuis le 1er juillet 2017, dont l'expérience antérieure dans la fonction territoriale apporte un regard neuf sur le secteur de l'enseignement supérieur.

Quel est le périmètre de votre fonction ?

Communication externe, communication interne, conseil auprès des différentes composantes, support pour l’organisation des événements, création des outils et supports de com, suivi de fabrication, information, presse, veille, com de crise, site web, réseaux sociaux, location d’espaces, boutique de goodies… et sortie de poubelles après les cocktails quand c’est nécessaire. Bref ! Un périmètre très large et surtout très complet.

Quelles sont vos principales missions ? 

De manière très classique, la direction de la communication propose et met en œuvre un projet stratégique de communication pour l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ce projet a pour objectif la promotion et la valorisation de notre image en France comme à l’international. Au service de l’ensemble de l’université, la dircom assure la visibilité des formations, des événements et des activités de recherche, mais elle s’emploie également à renforcer le sentiment d’appartenance et de cohésion au sein de la communauté. Elle est également chargée de faire respecter l’identité visuelle de l’université et de veiller à la cohérence de son image de marque.
Georges Haddad, le président de l’université et Martine Ruaud, la directrice générale des services m’ont demandé de me pencher prioritairement sur la politique éditoriale de l’université à travers deux projets phares : la refonte du site web qui ne correspondait plus aux standards et le magazine dont le positionnement ne leur semblait pas clair. Un autre enjeu important était de repenser les outils d’information interne afin de permettre une meilleure connaissance transversale des projets de l’université. Il s’agissait également de lutter contre un fonctionnement en « silo », entre les composantes et entre les différents personnels. Nous avons donc créé une lettre d’information bimensuelle adressée à tous les personnels enseignants ou administratifs et nous allons prochainement nous lancer dans la refonte du site intranet. Par ailleurs, nous avons revisité la politique événementielle interne et externe. C’est ainsi que nous avons renforcé certains rendez-vous comme la cérémonie des vœux ou l’accueil des nouveaux personnels et que nous en avons créé d’autres comme la cérémonie des docteurs ou le concours international d’éloquence de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Avez-vous une équipe ? Si oui, de combien de personnes ?

La direction de la communication de Paris 1 Panthéon-Sorbonne peut s’enorgueillir d’une très belle équipe professionnelle, dynamique et très impliquée dans ses missions. Elle compte 8 postes permanents, 2 renforts et 3 apprentis répartis en 4 unités :
- Unité projets et événements
- Unité Identité, création graphique et fabrication
- Unité Information, presse et veille
- Unité numérique
Guillaume Simiand, chargé de mission « Communication numérique » auprès du président, m’apporte aussi une aide très précieuse. Un projet comme la refonte d’un site web impacte toute la communauté et nécessite un portage politique fort.

Quelques mots de votre formation et votre parcours antérieur ?

J’ai suivi un double cursus en arts graphiques et en communication politique et publique. Après plusieurs années en agence en tant que graphiste puis directeur artistique auprès de grands annonceurs comme IBM, j’ai intégré une collectivité départementale. Cela a coïncidé avec l’envie de donner un nouveau sens à mon métier de communicant en m’orientant vers un secteur moins mercantile, plaçant le service à l’usager au cœur de ses missions. Mon évolution au sein de cette institution m’a amené à prendre des responsabilités managériales de plus en plus importantes, jusqu’à la tête de la direction de la communication du Conseil départemental du Loiret. J’ai alors eu la chance de diriger une équipe de 30 agents. Je garde un excellent souvenir de cette période qui m’a permis de rencontrer de grands professionnels dont les conseils me guident encore aujourd’hui. 
 

L’Arces consacre le 7 juin prochain sa prochaine journée annuelle aux défis de la marque dans l’enseignement supérieur. Or, Paris 1 est une grande université parisienne qui a la particularité de partager la fameuse marque « Sorbonne » avec d’autres universités. Comment est-elle déployée concrètement ?


Si l’héritage de la Sorbonne est un véritable trésor que nous nous employons à préserver au mieux, son partage avec d’autres acteurs de l’enseignement supérieur est effectivement une problématique majeure qui entraîne bien des confusions. L'un des risques est le manque de lisibilité et même la perte de visibilité des différents acteurs. C’est pourquoi nous avons pris le parti de communiquer en prenant toujours soin d’utiliser notre marque spécifique « Panthéon-Sorbonne » voire « Paris 1 Panthéon-Sorbonne ». Nous menons une bataille sans relâche, notamment auprès des médias, mais aussi en interne, pour que chacune de nos interventions nous soit correctement attribuée. Et cela n’est pas toujours simple. Mais nous n’oublions pas qu’une marque n’est rien si sa promesse est vide de substance. C’est pourquoi nous veillons avant tout à faire connaître les richesses de notre université tant en matière de recherche, d’innovations, d’événements que par la diversité et la qualité de ses enseignements. C’est cela qui nous permet de renforcer notre positionnement et la renommée de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
 

Pourquoi avoir choisi ce métier ? 

Après 20 ans en Territoriale, j’ai eu envie de prendre le large et de m’atteler à un projet de communication différent, plus en prise avec mes propres centres d’intérêt. La Territoriale a été pour moi une formidable école et j’y ai appris beaucoup de ce que je suis aujourd’hui mais il me semblait que j’en avais fait le tour. Et puis notre métier est aussi fait de rencontres et d’opportunités à saisir. L’université n’avait pas de direction de la communication avant mon arrivée. Tout était à créer. J’ai relevé le défi et je ne le regrette pas !
 

Qu’appréciez-vous le plus dans votre métier ?

C’est un métier qui nous oblige à une remise en cause permanente… Au niveau des connaissances et des techniques notamment. J’aime la richesse des rencontres et la diversité infinie des thématiques et des projets sur lesquels nous sommes amenés à travailler.

Et le moins ?

La croyance encore assez développée que tout le monde peut faire ce métier … et donc que chacun peut se permettre de donner son avis sur tout ! 
 

Quelles sont les qualités qui vous permettent de l’exercer efficacement ?

La curiosité, l’humilité, l’empathie et beaucoup de bon sens.

Quelles sont les choses qui vous étonnent encore dans ce métier ?

Pas grand-chose ne m’étonne en fait ! Mais je dois dire que je suis toujours agréablement surpris d’avoir chaque jour l’occasion d’apprendre … Surtout dans une université comme la nôtre.

Trois messages pour bien débuter dans notre métier ?

- Soyez curieux !
- Soyez persévérant !
- Soyez humble !
 

Quel serait « l’idéal » du communicant dans l’enseignement supérieur ?

Je ne suis pas sûr d’avoir assez de recul dans ce secteur pour décrire un idéal spécifique. Chaque établissement est un microcosme original avec son fonctionnement propre, ses freins et ses atouts. Il me semble néanmoins que l’environnement actuel de l’ESR ressemble à celui des collectivités territoriales il y a plus de 20 ans, avec la décentralisation. Il a fallu du temps pour que les collectivités prennent conscience de ce que leur autonomie impliquait. Beaucoup de postes, notamment en RH, aux finances et dans la communication ont dû être créés pour répondre aux nouvelles missions intégrées. Je crois que les universités vivent actuellement une époque de mutation comparable. Il faut que le temps fasse son ouvrage car les mentalités mettent du temps à s’adapter. Cela rend la période passionnante car rien n’est figé, tout est à inventer. Je dirais donc que l’enseignement supérieur traverse une époque idéale pour un communicant qui veut s’éclater. 
 

Avez-vous des passions/hobbies en dehors de votre activité professionnelle ?

Je voyage autant que je peux ... et je reviens toujours vers l’Espagne, mon pays de cœur.

De quelle région êtes-vous originaire ? 

Je suis né à Paris, en plein pendant les événements de 68.

Quel est votre auteur préféré ?

J’aime beaucoup la capacité incroyable qu’a Eric-Emmanuel Schmitt à se réinventer dans chacune de ses œuvres.

Un film ? et/ou un livre de chevet ?

Je dirais « Ouvre les yeux » de Alejandro Amenabar … mais je m’intéresse autant aux séries noires scandinaves, aux comédies musicales de Bollywood, aux films fantastiques espagnols qu’aux thrillers sud-coréens. 

Un plat ?

8 ravioli pékinois grillés sur un lit de nouilles sautées aux légumes                                                
Merci !
 
 
 

Prochains Évènements