Portrait sincère et fougueux de Margot Arrault, la nouvelle directrice de la communication de l’université de Bordeaux.


Quel est le périmètre de votre fonction ?
 
Je pilote et mets en oeuvre la communication institutionnelle. Ma direction est garante de la marque et déploie celle-ci dans une stratégie d’incarnation des activités et des résultats de l’établissement.

Quelles sont vos principales missions ? Votre feuille de route pour l’année qui vient ?
 
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Après l’acte 1 de la fusion réussie, je vais contribuer à mettre en récit l’acte 2 « du savoir-faire institutionnel au faire savoir collectif » : l’édifice institutionnel de marque est consolidé, l’acte 2 va consister à déployer la marque et à communiquer sur ses activités et ses bons résultats. L’enjeu est la notoriété institutionnelle.
Sur le plan de la communication interne, le chantier est celui de l’éditorialisation des contenus. Il faut accompagner la gouvernance dans sa communication sur l’efficience de sa gestion du budget et des emplois. De nouveaux contrats d’objectifs et de moyens se mettent en place avec les composantes. 
Du côté de la Recherche, il faut mettre en place une stratégie de communication scientifique et de médiation (enjeux de Science Ouverte-science/savoirs profanes). Côté Formation, il faudra communiquer sur les programmes New deal et ACCES, qui sont lauréats de l’appel à projets « nouveaux cursus ». Enfin, la dévolution du patrimoine est un enjeu fort en interne et en externe : il positionne l’université comme « aménageur de et dans la Cité ». Et côté sport, nous avançons sûrement vers les JO !
 
Avez-vous une équipe ? 

J’ai une équipe de 14 personnes, ultra compétentes ! J’aimerais travailler avec elle sur notre capacité à être une direction de la communication « exemplaire », fondée sur des valeurs : durabilité de nos travaux, produits et événements, travail en interaction et co-production. J’aimerais redonner du sens à nos actions.

Quelques mots de votre formation et votre parcours antérieur ?

Je suis née à Bayonne, j’ai grandi entre Montpellier et Nîmes : un parcours avant la vie professionnelle ancrée dans le Sud, du Sud au Sud ! J’ai une formation en droit et science politique (Montpellier), je suis diplômée d’un master 2 de conduite et évaluation de Politiques publiques (Paris). J’ai ensuite découvert différentes politiques sectorielles passionnantes : logement à la ville de Paris (Think-tank auprès du Maire Delanoe), études sociologiques des « habitants » partout en France (bureau d’études), puis j’ai rejoint le Hcéres (ex AERES) en 2007 pour travailler sur les indicateurs d’évaluation de la politique ESR. A cette occasion j’ai participé à l’évaluation de plus de 30 établissements dont Sciences Po qui a voulu me recruter auprès de Richard Descoings ! J’ai saisi l’opportunité d’entrer à AgroParisTech par le biais de l’enseignement : j’ai été co-responsable d’un master dédié aux « Politiques publiques et stratégies pour l’Environnement ». C’était PASSIONNANT et EPANOUISSANT !
En 2012, j’ai saisi une autre opportunité, plus « politique » : je suis arrivée au sein de la direction générale de l'enseignement et de la recherche duministère de l’Agriculture pour communiquer sur le plan « Enseigner à Produire Autrement » de Stéphane Le Foll, je suis alors devenue « communicante » sans le vouloir…
 En 2014, j’ai été propulsée directrice de la communication du Pavillon de la France de l’Exposition universelle à Milan. J’ai tout appris du métier en un an en mode « warrior » : près de 2 millions d’euros à piloter pour le budget communication, 184 événements à organiser !
En 2016, retour en France pour une deuxième vie en tant que dir’com d’AgroParisTech où il fallait relever le challenge d’asseoir la communication institutionnelle et de la professionnaliser dans le contexte de Saclay.
J’ai une passion pour le service public depuis longtemps, en particulier pour le secteur de l’ESR, aujourd’hui je considère avoir une chance incroyable de rejoindre l’université de Bordeaux !


LE MÉTIER DE COMMUNICANT
 

Pourquoi avoir choisi ce métier ? 

Je ne l’ai pas choisi a priori, il a toujours fait partie de moi, je suis une personne qui aime échanger. C’est ce que je préfère, c’est naturel. Je me nourris et me construis dans les échanges. Si on regarde mon parcours je ne prends de vraies responsabilités professionnelles de manière officielle qu’à partir de 2012/2013.

Qu’appréciez-vous le plus dans votre métier ? 

Le moment de la traduction entre un enjeu pour une personne ou une institution et tout ce qu’on peut imaginer pour le traduire : la manière de le dire, les supports, la création, les médias : la palette me semble toujours infinie. La découverte de nouveaux sujets, je suis très curieuse. J’ai le sentiment permanent de n’avoir pas assez de temps en une vie pour lire et savoir tout ce que j’aimerais savoir. 
 
Et le moins ? 

Cette ambivalence entre injonction communicationnelle pour tout et l’ingratitude de la reconnaissance du métier. Les communicants sont encore souvent vus comme des personnes « paillettes » sans fond, en tous cas qui n’ont pas besoin de raisonner sur des contenus et en même les demandes sont de plus en plus exigeantes vu le monde de l’ultra-communication dans lequel nous vivons. 
 
Quelles sont les qualités qui vous permettent de l’exercer efficacement ? 

Mon enthousiasme et ma curiosité insatiable : tout sujet est intéressant : de la vie du voisin au fonctionnement du microbiote !
 
Quelles sont les choses qui vous étonnent encore dans ce métier ? 

Les techniques et les outils se renouvellent sans cesse, il y en a pléthore, étonnant et parfois déstabilisant car on a le sentiment de ne pas ou plus être à la page très vite ! Mais les bonnes vieilles recettes qui marchent reviennent cycliquement… 
 
Trois messages pour bien débuter dans notre métier ?

  1. -     Toujours tendre l’oreille et regarder autour de soi, contempler, observer et écouter sans cesse : être en « observateur » avant de mettre l’habit de communicant
  2. -     Penser avant tout aux cibles avant de foncer dans les outils : la communication est un message d’un point A à un point B.
  3. -     Travailler en co-production avec les usagers : vous aurez tout à y gagner ! 

  

QUELQUES QUESTIONS PLUS PERSONNELLES...


 Avez-vous des passions/hobbies en dehors de votre activité professionnelle ?

Oui plein ! Sport beaucoup : la course et la natation. Le retour à Bordeaux est prometteur ! J’aime aussi la gastronomie : je cuisine beaucoup, j’aime les goûts et les saveurs, je peux y penser plusieurs fois par jour quand je songe à recomposer une recette.Je suis très soucieuse de l’alimentation dans sa dimension écosystémique et territoriale : la vie des producteurs, l’empreinte des produits que nous consommons.Je suis convaincue que c’est de la terre et du vivant qu’on trouvera les solutions pour « refaire société » et transmettre. On parle à tout bout de champ de transition mais la valeur « transmission » me semble être essentielle : c’est générationnel, c’est inter-fonctionnel… ça évite la division et l’atomisation des individus dans la société. Penser à chaque à fois à « comment » je transmets est fondamental dans mon fonctionnement.
Et j’adore sortir et voir des amis, de la famille, bouger sans cesse. Je suis tout sauf sédentaire !Sans doute trop ultra-active, ça finira par se calmer ! 
  
Quel est votre auteur préféré ? 

A égalité : Nancy Huston avec « Trois fois septembre » m’a remise à la lecture, « Kafka sur le rivage » de Murakami et la Trilogie New-Yorkaise de Paul Auster. 
 
Un film ? La folie des grandeurs !
 
Un plat ? Le ceviche que je réalise avec tous types de poisson et de goûts, mon péché mignon tous les étés… 
 

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