Méditation pleine conscience : quel avenir dans l’ ESR ?
Initiative Mindfulness France est une association qui promeut les bienfaits de la méditation Pleine conscience auprès des politiques français. Afin de mieux sensibiliser le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche, Jérôme Vauselle, Responsable communication à l'Institut Mines-Télecom (IMT), propose aujourd’hui de recenser les initiatives existantes à l’aide d’une enquête auprès des membres de l’ARCES.

1) Qu’est ce que la méditation pleine conscience (Mindfulness en anglais) ?

Jon Kabat-Zinn, professeur de médecine du MIT, a créé dans les années 70 un protocole (le MBSR) à partir des traditions spirituelles de méditation, ainsi qu’une clinique de réduction du stress. Son but était d’utiliser la méditation dans son aspect laïc afin d’améliorer la qualité de vie de patients atteints de maladies chroniques ou même de pathologies plus lourdes. Cette initiative a progressivement fait de nombreux émules partout dans le monde. La crédibilité scientifique de la méditation Pleine conscience vient clairement du développement des neurosciences, capables de montrer le fonctionnement du cerveau, notamment en phase de méditation.

2) Comment la pratique de méditation de Pleine conscience se diffuse-t-elle en France aujourd’hui ?

C’est un phénomène sociétal. Pas besoin d’être un spécialiste pour comprendre et sentir ses bienfaits dans une pratique régulière. Apprendre à se poser, à se reconnecter à la respiration et à ses sensations physiques permet de quitter l’agitation du mental qui ressasse toujours le passé ou anticipe, parfois avec anxiété, l’avenir. Ce n’est pas une démarche individualiste centré uniquement sur soi, elle contribue plutôt au vivre ensemble. Quand on est avec des collègues toute la journée, parfois dans des contextes de travail tendus, cela est toujours bénéfique de savoir se recentrer et de ne pas céder à des impulsions émotionnelles.

3) Dans quels secteurs la trouve-t-on ?

L’association Initiative MindFulness France a pu recenser de multiples expérimentations dans un rapport destiné aux parlementaires français, paru il y a un an. Par exemple, dans le secteur éducatif, plusieurs programmes basés sur la Pleine conscience se développent dans les écoles primaires, les collèges et les lycées pour aider les élèves à travailler leur capacité d’attention et de concentration. On a également recensé des initiatives dans les entreprises, mais principalement privées. Soit leurs dirigeants, convaincus à titre personnel des bienfaits de la méditation comme outil d’aide à la décision, l’intègrent dans leur propre hygiène de vie, soit ils la proposent dans des programmes de qualité de vie au travail ou de réduction des risques psycho-sociaux pour leur personnel.

4) La méditation pleine conscience a -t-elle un avenir dans l'ESR ?

Oui, d’abord parce qu’au même titre que les autres secteurs de la société, il y a un intérêt pour les personnels, les étudiants et les décideurs du Supérieur à l’intégrer dans leur quotidien comme « outil » de réduction du stress ou d’aide à la décision. Ensuite, elle a un avenir dans le sens où des gens peuvent être formés pour l’intégrer à leurs futures pratiques professionnelles. Cela existe déjà dans la filière médicale bien sûr comme, par exemple, au sein du DU de Strasbourg « Médecine, méditation et neurosciences », créé par Jean-Gérard Bloch, qui est intervenu au dernier colloque de l’ARCES. Mais cela peut se développer dans d’autres filières (comme le management) et c’est justement cela qu’il nous faut recenser afin de montrer aux politiques que la société française bouge sur ce sujet, à l’instar d’autres pays.
Enfin, je crois que l’ESR est un secteur clé pour diffuser la méditation de Pleine conscience dans toute la société. Imaginons que les futurs enseignants y soient formés dès leurs études dans les écoles supérieures du professorat, ils seront d’autant plus enclins à réutiliser leur pratique auprès de leurs futurs élèves.

5) Comment êtes-vous arrivé à l’association Initiative Mindfulness France ?

Alors que j’étais déjà convaincu des bienfaits de la méditation à titre personnel depuis quelques années, j’y ai trouvé le point de rencontre rêvé entre tous mes différents centres d’intérêts : la place de l’humain dans la société, le développement du bien être et la communication politique. J’ai donc contribué à la rédaction du rapport en mettant à la disposition du collectif mes compétences de communicant. C’est à ce moment-là que j’ai constaté que rien n’était remonté de l’ESR alors que j’avais entendu parler de certaines initiatives comme la chaire Midnfulness à Grenoble Ecole de Management). Avec l’intervention de Jean Gérard Bloch au colloque de l’Arces, l’idée m’est venue de lancer auprès de mes homologues une enquête pour recenser un maximum d’initiatives. Je remercie d’ailleurs vivement l’ARCES de m’aider dans cette tâche !

6) Quel type d’initiative existe t-il au sein de l’IMT justement ?

J’anime bénévolement un atelier de méditation destiné aux personnels (en mode « partage de pratiques »), dans le cadre de l’association des personnels et en accord bien sûr avec le service des ressources humaines : c’est ma contribution pour améliorer la qualité de vie au travail ! Même si cela se restreint au périmètre de la direction générale, cet atelier réunit une dizaine de personnes chaque semaine. Que cherchent-elles ? Au terme un peu galvaudé aujourd’hui de « développement personnel » je préfère parler de travail personnel sur l’intériorité, car chacun a besoin d’apprendre  à mettre le mental en mode « pause » dans un monde où la surcharge informationnelle est grande…, et les retours sont positifs.
Aujourd’hui, je crois que les conditions sont réunies pour diffuser la méditation de Pleine conscience dans les grandes écoles et les universités, auprès des personnels mais aussi des étudiants : il faut de la volonté mais on peut aussi compter sur des professionnels formés un petit peu partout en France.
 

L’association Initiative MindFulness France est une association qui réunit des experts et des bénévoles créée en 2016 afin de promouvoir les bienfaits de la méditation Pleine conscience auprès des politiques et des décideurs publics en France. Elle se positionne plus comme un think tank, dans une démarche citoyenne, lui-même inscrit dans un mouvement sociétal global.

 

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