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SEO et GEO : des enjeux majeurs pour nos établissements

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En matière de référencement naturel, l’IA bouscule aujourd’hui la donne. Il n’est plus seulement question de bien parler de nos marques comme le demande le SEO : il est désormais aussi, voire plus, essentiel de bien faire parler de nos marques. Christophe Lachnitt, consultant en communication, animera une formation le 5 mars sur le sujet pour l’ARCES. Il resitue ici les enjeux d’une stratégie GEO bien maîtrisée. 

SEO et GEO : quelle est la différence ?
Le SEO (Search Engine Optimization) cible les moteurs de recherche et répond à un enjeu de visibilité, tandis que le GEO (Generative Engine Optimization) cible les moteurs de réponse, les assistants d’IA générative (ChatGPT, Claude, Gemini…) que nous connaissons, et répond à un enjeu d’influence. Le SEO consiste, pour une marque ou un établissement, à se faire repérer organiquement par les moteurs de recherche qui proposent des listes de liens. Si vous faites un bon travail sur des éléments principalement mécaniques (mots-clés, balises, liens entrants…), votre SEO sera efficace. Le GEO recouvre d’autres enjeux car les moteurs de réponse produisent des contenus. Ils traitent une multitude de contenus sources qu’ils combinent pour concevoir des réponses personnalisées aux demandes des internautes. Il y a donc une part de subjectivité dans le résultat fourni que la marque ou l’établissement ne maîtrise pas, mais peut influencer. 

Qu’est-ce que cela implique pour les communicants ? 
Cela change complètement la façon de penser l’influence en ligne : les marques doivent aborder les moteurs de réponse différemment. La création de contenus doit évoluer, sur le fond comme sur la forme, pour les faire correspondre au fonctionnement de la recherche générative. En outre, l’activation des contenus change aussi : si on maîtrise notre destin avec le SEO, il n’en est pas de même du GEO : l’influence dépend de ce que les tiers disent de nous, parce que la recherche générative traite toutes les sources sur le web. A la différence du SEO, le GEO concerne donc presque tous les membres d’une fonction Communication.

Est-ce que cela veut dire que le SEO est mort ?
Pas du tout ! Il a même encore de beaux jours à vivre : il ne faut pas le négliger car il y a de vraies synergies entre les deux. C’est en partie parce que vous avez un bon SEO que vous aurez un bon GEO. Mais cela ne suffit plus dans le nouvel univers numérique créé par l’IA générative. 

Comment s’y prendre ? 
C’est ce que nous verrons lors de la journée du 5 mars. Après avoir expliqué comment fonctionne les moteurs de réponse et le GEO, je détaillerai les 5 enjeux de la recherche générative pour les marques qui concernent le trafic, les médias, les contenus, les audiences et la délégation d’actions aux machines. Puis les participants se plongeront dans les bonnes pratiques pour améliorer leur GEO avec un focus sur la création et l’activation de contenus et le management de la performance avec, ici aussi, une évolution nécessaire des indicateurs de mesure et même de la culture de la performance des fonctions Communication. 

Quel est le principal risque à ne pas maîtriser son GEO ? 
Que l’on ne parle plus ou que l’on parle mal de votre marque. Le GEO va apporter des contenus sur votre établissement et il est essentiel d’être à la fois présent et bien représenté dans les résultats générés. On parle bien sûr d’enjeux de visibilité mais surtout de réputation et d’influence. Les marques se doivent d’orienter les contenus qui vont être produits par les IA. Et les établissements de l’enseignement supérieur sont d’autant plus concernés que les premiers utilisateurs de la recherche générative sont aujourd’hui les 15-25 ans.

A quels profils la formation s’adresse-t-elle en particulier ? 
Tous les communicants sont concernés et plus particulièrement les chargés de communication externe, les responsables de relations presse, les créateurs de contenus, les responsables de sites web et bien sûr les responsables de service et directeurs.rices communication. Un autre enjeu que le GEO impose aux fonctions Communication est la transversalité de leur fonctionnement car, en matière de production comme d’activation de contenus, les marques qui optimiseront leur cohérence seront plus performantes vis-à-vis des moteurs de réponse. Tout communicant est donc bienvenu le 5 mars !

En savoir plus sur la formation et s’inscrire


Pour aller plus loin : Les cahiers de l’IA générative #2 – LE GEO, Géo Trouvetou de la recherche assistée par l’IA

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Portraits de membres

Laurent Ong, chef de mission communication et concours à l’ ENSG - École nationale des sciences géographiques livre les raisons qui le font adhérer chaque année à l’Arces !

Pourquoi avoir rejoint l’ARCES : Association des Responsables de Communication de l'Enseignement Supérieur ?

Pour toute l’histoire d’amour que nous avons écrite ensemble ! L’Arces a toujours été une priorité lors de mes précédentes fonctions car on y partage des pratiques, des tips, des questionnements. Les résultats de l’observatoire de l’Arces sont extrêmement précieux pour suivre les tendances d’aujourd’hui et de demain sur nos métiers de communicants. L’autre atout de l’Arces c’est de pouvoir parler entre pairs et surtout de créer un réseau solide au sein de l’ESR.

Le principal enjeu pour la #ComESR en 2023 ?
Une communication responsable. Savoir ce qu’on y met dedans et quelles actions entreprendre pour fédérer la communauté autour de la problématique des transitions.
Le second enjeu que je décèle est structurel. Autant les directions de la communication sont installées et ont évolué en métiers et compétences, autant j’y décèle une fragilité sur la structuration de celles-ci. Comment engager de nouvelles missions tout en gagnant en lisibilité en interne et externe, c’est un sacré challenge.


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Irene Bordin, responsable communication et relations avec le monde socio-économique de la Certification CLES, nous parle des raisons de son adhésion et du sens qu'elle donne à son métier !

Pourquoi rejoindre l’Arces ?
Il est pour moi essentiel de me sentir appartenir à une communauté professionnelle, pour rester au courant des nouveautés d'un domaine d'activité qui bouge très vite, mais aussi pour se motiver et se sentir « moins seule ». Quand je suis arrivée à la coordination nationale de la Certification CLES, où je suis la seule communicante, mon premier réflexe a été de me tourner vers l’ARCES : Association des Responsables de Communication de l'Enseignement Supérieur pour partager, me sentir accueillie et aidée. Je sais que je peux compter sur les autres membres, un peu comme dans une grande famille.

Le principal enjeu pour la #ComESR en 2023 ?
J’en vois deux : la transparence et l’engagement. Plus que jamais, nous devons parler ouvertement à nos différents publics, que ce soient les étudiants en formation initiale ou en formation continue — un public trop souvent négligé mais qui prend toute sa place —, les collaborateurs de l’ESR ou encore les différentes parties prenantes.
Cette communication fluide et sincère favorise l'engagement de nos communautés et nourrit leur sentiment d’appartenance. Dans le monde actuel, aider à donner du sens est primordial et nos métiers peuvent contribuer à cela.


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Nicolas Rusques, chargé de communication à la DGESIP du Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, nous parle des raisons de son adhésion et des évolutions de son métier.

Pourquoi rejoindre l’Arces ?
Etre membre de l’#Arces, c’est avoir l’opportunité d’interagir avec les responsables communication des établissements de l' #ESR pour mieux appréhender, mieux comprendre, mieux échanger sur nos problématiques respectives. C’est également l’occasion de rester en veille sur les projets et pratiques du secteur, pour les valoriser au niveau national.

Le principal enjeu pour la #ComESR ?
La communication de notre secteur est prise dans un bouillonnement permanent. Les messages, les acteurs, les outils se multiplient, sans que les moyens dédiés à nos métiers soient suffisants pour éviter les débordements. Je crois que le principal enjeu est et sera de faire de la sobriété une opportunité pour questionner et revoir nos pratiques.


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Pierre DaSilva (PhD), responsable information, communication et culture scientifique à l'Inserm (délégation Grand Ouest) et coordinateur national du réseau des responsables communication Inserm, nous parle des raisons de son adhésion et des enjeux de la #ComESR

Pourquoi rejoindre l’Arces ?
J’ai rejoint l’ARCES : Association des Responsables de Communication de l'Enseignement Supérieur fin 2022 pour représenter l’Inserm au sein de l’association. Cela fait suite à une réflexion de l’ensemble du réseau des responsables des services communication des délégations régionales de l’Inserm, en lien avec la direction de la communication de l’Institut. Nous souhaitions pouvoir participer aux échanges sur la stratégie de communication de l’enseignement supérieur et de la recherche, en lien avec les universités et les écoles avec qui nous travaillons au quotidien. Je pense que cela contribue à construire cette stratégie que nous devons imaginer et élaborer avec l'ensemble des établissements. C'est un travail commun à produire car nous sommes tous confrontés aux mêmes problématiques (fakenews, changement de la société, transition écologique...).

Le principal enjeu pour la #ComESR en 2023 ?
À mon sens, le principal enjeu est de se concerter et construire une vraie stratégie commune à l'ensemble des établissements pour avancer ensemble et répondre à la forte demande de la société sur les informations scientifiques et la communication de nos établissements.

 

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Émilie Naouri, directrice de la communication de l'École Pratique des Hautes Études (EPHE-PSL), nous parle des raisons de son adhésion et des enjeux de la #ComESR.

Pourquoi adhérer à l’Arces ?
Adhérer à l’ARCES, c’est adhérer à un réseau actif d’experts en communication dans l’enseignement supérieur avant tout. Confronter nos visions, parler de nos métiers, partager nos expériences, réfléchir, prendre de la hauteur.
Adhérer à l’ARCES, c’est également avoir des contacts privilégiés dans le but d’apprendre, de comprendre, de progresser et de profiter de la synergie des membres. Le partage, l’entraide, l’ouverture, la discussion sont des notions ancrées dans nos métiers liés à la communication. Finalement, cette synergie nous amène à être plus responsables, plus ouverts, plus créatifs, plus positifs, plus originaux et plus heureux dans nos professions.

Le principal enjeu pour la #ComESR en 2023 ?
La communication responsable doit être au cœur de nos préoccupations. J’attends donc de l’ARCES des échanges autour de cette question et de celle dédiée aux nouvelles aspirations de nos étudiants autour d’une société qui doit avoir du sens. Les énergies foisonnent dans les établissements d’enseignement supérieur. En tant que communicants, nous devons analyser les tendances sociétales notamment autour de la jeunesse, s’en emparer et adopter des discours en résonnance.

Plusieurs dimensions me paraissent importantes, telles que la marque employeur, le storytelling, la communication estudiantine. À l’EPHE – PSL, nous essayons de revoir notamment notre stratégie éditoriale et de développer un tout autre lien avec notre marque à travers des récits, des histoires narratives. Comment communiquer en se différenciant, en soulignant nos raretés, nos particularités ?

À cela s’ajoute le lien avec nos communautés. Nous avons mis en place des liens avec nos associations étudiantes afin de créer des réseaux d’ambassadeurs pour nos évènements, le lancement de notre compte Instagram… Un étudiant qui s’adresse à un autre étudiant n’aura pas la même portée qu’un discours institutionnel.

Ophélie Tambuzzo, directrice de la communication de l'INSA Lyon depuis juin 2022, a travaillé pour la région académique Auvergne Rhône-Alpes/ Académie de Lyon et pour plusieurs ministères, dont celui des Armées où elle a été durant plus de six années l’experte COM dans le domaine de la cyberdéfense.

Pourquoi rejoindre l’Arces ?

En prenant mon poste à l’INSA Lyon, je souhaitais rejoindre une communauté, un lieu d’échange et de partage d’expériences et de bonnes pratiques, entre pairs, pour faire avancer mes réflexions. Je faisais partie d’un clubster à Paris (combattante@numérique) où j’ai pu en apprécier toute la force de l’intelligence collective. Le réseau de l’éducation nationale m’avait également impressionné : l’entraide, la bienveillance, les « bons tuyaux » : réussites comme les moins bonnes réussites…et le merveilleux travail d’animation mené pour nous nourrir. L’ARCES, conseillée par mon amie et mentor Céline Guerrand [directrice de la communication de l'université Sorbonne Paris-Nord] était donc tout trouvée ! Pouvoir suivre les évolutions et anticiper les changements de notre métier et de nos cibles, en discuter avec nos pairs, prendre de la hauteur (quand on a la tête dans le guidon, cela aide !), avoir un lien privilégié avec d’autres communicants, rester alerte aux nouveautés mais également pouvoir bénéficier de formations en lien avec les postes au sein de mon équipe … c’était très important pour moi ! 

Le principal enjeu pour la #ComESR en 2023 ?

Actuellement, se dessine pour la #ComESR, selon moi, un double enjeu. Lors de la présentation du Schéma Directeur de la vie étudiante 2022-2027 par l’Université de Lyon, avec d’autres membres du site Lyon-Saint-Etienne, nous avons eu le même constat : il est de plus en plus difficile de toucher nos étudiants. C’est aujourd’hui un vrai enjeu de communication : arriver à leur délivrer l’information sur leurs canaux, qui ne sont plus les canaux institutionnels. Et je le mesure à l’échelle de l’INSA Lyon : avec toute notre imagination, une superbe application conçue par un étudiant, le relai des associations, des actions ciblées etc… Cela ne suffit plus : nous constatons une déperdition de l’information, une certaine démobilisation (post-COVID) et peut-être un petit manque d’engagement.

Le second enjeu concerne la recherche. Le COVID a mis à mal les discours des scientifiques. Tout l’enjeu réside à recréer ce lien comme le lien Armée/Nation, pour lequel j’ai pu travailler : il faut instaurer un nouveau lien sciences-recherche /Nation. Redonner de la confiance dans nos messages, pour l’INSA Lyon montrer tout le travail mené dans et pour les transitions, afin d’avoir un monde plus viable.

Alan Nobili est responsable développement et communication de l’Alliance Française à Paris. Créé en 1883, la structure - maison mère de l’ensemble des Alliances françaises - a pour mission de diffuser et promouvoir la langue française et les cultures francophones. Il nous parle des raisons de son adhésion et des enjeux de la #ComESR.

Pourquoi adhérer à l’Arces ?

En adhérant à l’ARCES, j’ai choisi d’aller à la rencontre des experts de la communication de l’enseignement supérieur pour échanger, pour apprendre avec mes pairs, pour me confronter à d’autres perspectives et aussi pour rapprocher l’Alliance Française de Paris, le plus important établissement d’enseignement du français comme langue étrangère et de médiation culturelle de France, d’autres établissement du secteur de l’ESR français. Je compte trouver de l’inspiration pour mes équipes et moi-même et je suis certain qu'à l’occasion de rencontres avec les autres adhérents, des idées et des projets vont éclore en France et à l’international.

Quel est pour vous le principal enjeu pour la #ComESR en 2023 ?

La dimension internationale de la #ComESR est évidemment centrale pour moi car les étudiants internationaux composent une immense partie de notre public. J’ai d’ailleurs connu l’ARCES lors du forum annuel de Campus France. Clairement, communiquer et travailler en synergie avec d’autres établissements, qu’il s’agisse des équipes de communication, admissions ou relations internationales sur des questions liées au recrutement international font partie de nos réflexions au quotidien. À cela s’ajoute la stratégie de la marque, qui chez nous, est très puissante.

Deux autres aspects me paraissent essentiels. D’abord, la connexion entre nos actions de communication et les enjeux de la société, je pense bien sûr aux personnes réfugiées ou exilées (étudiants, chercheurs ou enseignants) mais aussi aux questions de diversité et inclusion, de médiation culturelle... Ensuite, et c’est peut-être plus technique, l’animation des réseaux d’alumni et d’ambassadeurs à l’échelle internationale est l'une des clefs de l’impact de la fonction communication au sein de l’établissement, que ce soit au niveau des admissions ou celui de plus en plus important du mécénat.

Cécile Beaudoin, directrice de la communication et du marketing à l’ICP (Institut Catholique de Paris), nous parle des raisons de son adhésion et des enjeux de la communication dans le secteur de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Pourquoi adhérer à l’Arces ?

Ce que je recherche dans ce réseau professionnel, c’est la possibilité d’une parole en confiance sur les problématiques spécifiques de la communication de l’ESR. Pour moi, il s’agit d’y partager des informations, des expertises, des retours d’expérience et bien sûr des moments de convivialité.

Quel est selon vous le principal enjeu pour la #ComESR en 2023 ?

La direction de la communication a comme défi de développer à la fois une vision stratégique à long terme et une réactivité face aux imprévus et aux opportunités. La Responsabilité sociale de l’université vient irriguer et enrichir ces deux aspects. Savoir se renouveler pour développer l’attractivité d’un établissement et de ses formations dans un rythme universitaire cyclique est une autre gageure. Car si les étudiants ont toujours le même âge, leurs profils et aspirations évoluent ! Nous fêterons les 150 ans de l’établissement en 2025, c’est pour moi une perspective très stimulante qui aimante vers un même objectif toutes les composantes de l’ICP, les personnels administratifs et les enseignants, les étudiants et Alumni mais aussi nos partenaires. C'est une opportunité formidable pour se projeter vers l’avenir, dynamiser les équipes, travailler l’attractivité de nos campus et nouer de nouveaux partenariats.

Créer du lien, fédérer les communautés et développer la fierté d'appartenance... Pour Marion Loriot, directrice de la communication de Le Mans Université et adhérente Arces, les enjeux de la #ComESR ne manquent pas.

Pourquoi adhérer à l'Arces?

 Il est essentiel pour moi de pouvoir partager des problématiques souvent communes mais aussi d’avoir des échanges constructifs et nourrissants, en toute bienveillance. Adhérer à l’ARCES est synonyme d’expertise dans le domaine de la communication. C’est aussi un moyen de suivre les évolutions et d'anticiper les changements de nos métiers, de nos usagers et de l’ESR. La cerise sur le gâteau ? Se challenger avec les prix de l’ARCES !

Quel est, selon vous, le principal enjeu de la #ComESR en 2023 ?

Il est difficile de n’en citer qu’un. En partant du postulat que le métier de communicant, c’est de créer du lien, raconter des histoires (des vraies), notre direction a comme challenge d’améliorer la communication auprès de ses usagers (internes & externes).  Pour nos étudiants, il est clair que nous sommes dans une infobésité qui peut nuire à leur réussite mais aussi au travail des services. Délivrer la bonne information au bon moment est un réel défi car un étudiant bien accompagné est un étudiant qui réussit.

Pour séduire nos futurs étudiants, nous avons besoin de nos étudiants afin d’améliorer le discours entre pairs et d’adopter le bon langage : intégrer nos étudiants à la stratégie de communication fait partie de nos automatismes. 

En ce qui concerne la recherche, les enjeux sont doubles : la faire rayonner au-delà de nos territoires (Sarthe et Mayenne) tout en instaurant du lien avec le monde socio-économique et faire reconnaître l’expertise de nos chercheurs via de nouveaux médias.  Il en reste un et pas des moindres, l’interne.

Fédérer les personnels pour qu’ils deviennent ambassadeurs de notre marque et travailler sur l’attractivité de notre Université est un défi de taille. À la direction de la communication " Notre ambition, c’est vous !" sont plus que des mots, c'est un leitmotiv, chaque besoins et demandes sont étudiés au cas par cas. En légitimant nos métiers, l’ESR s’assurera d’une communication juste et efficace à ne rien envier à d'autres secteurs. * Le Mans université est l'un des établissements lauréats des prix de l'Arces 2023

"Plus que jamais, il faut marteler que la communication est un métier". Pour Arnaud Vinet, responsable communication, culture et marketing du CROUS de Poitiers, les métiers de la #ComESR doivent plus que jamais se montrer disruptifs.

Pourquoi adhérer à l’ARCES ?

Le proverbe qui dit que tout seul on va plus vite mais qu’ensemble on va plus loin, valorise en quelque sorte l’intelligence collective. Être membre de l’ARCES, c’est la possibilité pour les communicants de mieux connaître ses pairs travaillant dans les établissements de l’enseignement supérieur. Que ce soit le Crous, les universités, les grandes écoles ou les services déconcentrés, nous poursuivons tous le même but, à savoir la réussite des étudiants.

Être membre de l’ARCES, c’est pour moi, la possibilité de bénéficier d’une veille professionnelle inspirante et d’autre part de valoriser la communication du réseau des Crous. Enfin, le fait d’avoir reçu un prix coup de cœur du Jury en juin 2022 pour notre rapport annuel d’activité et de performance a salué les efforts que nous menons tout au long de l’année avec mon équipe et nous a motivé à présenter de nouveaux projets innovants en 2023.

C’est pour cette raison que j’encourage tous celles et ceux qui ne sont pas membres à rejoindre ce réseau pour les partages d’informations et de connaissances tout au long de l’année ainsi que pour les échanges en toute convivialité lors de l’assemblée générale en fin d’année.

Quels sont les principaux enjeux de com en 2023-2024 ?

Pour moi, il faut plus que jamais être disruptif, se démarquer, être présent sur certains médias sociaux. Je pense tout particulièrement à Tik Tok où selon moi nous pouvons trouver notre place en adoptant une communication adaptée aux aspirations estudiantines et non institutionnelle.

Il faut s’interroger sur les possibilités qu’offre l’intelligence artificielle dans nos métiers afin d’en comprendre les fondements et l’inscrire dans les plans de formation des équipes de com. Si elle est utilisée à bon escient, elle peut constituer une aide précieuse en matière de création ou de rédaction dans des délais contraints notamment.

Enfin, plus que jamais, nous devons marteler que la communication est un métier, qui doit être associée en amont des projets afin d’établir la stratégie idoine.

L'aide à l'orientation, voilà un sujet qui occupe et va occuper les communicantes et communicants de l'ESR dans les prochains mois. Sonia Pinot, chargée de communication à la CDEFI (Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs) rappelle pourquoi cet enjeu sera crucial pour les établissements de l'ESR.

Pourquoi adhérer à l’Arces ?

La communication dans l’enseignement supérieur et la recherche, en particulier à un niveau stratégique, est un champ à part entière avec ses enjeux et défis propres. Que l’on travaille en université, en école d’ingénieurs ou en école de commerce, les objectifs en termes de communication finissent toujours par se rejoindre, ce qui rend essentielle la nécessité d’avoir un réseau métier offrant un cadre commun de réflexion et d’émulation.

L’Arces joue ce rôle fédérateur en proposant un espace privilégié d’échanges de bonnes pratiques, de rencontres entre pairs, de veille d’informations et d’actualités sur le secteur, que ce soit tout au long de l’année ou lors du colloque de fin d’année. Un incontournable pour tous les communicants de l’ESR !

Quel est pour vous le principal enjeu pour la #ComESR en 2023 ?

Difficile de n’en citer qu’un seul, mais la question de l’orientation sera pour nous centrale cette année. À l’heure où les problématiques de vivier sont de plus en plus un sujet d’actualité, notamment dans la continuité de la réforme du bac, les établissements d’enseignement supérieur, et particulièrement les écoles d’ingénieurs, se retrouvent face à l’enjeu crucial d’attirer des jeunes en plus grand nombre et aux profils plus variés pour répondre à l’ambition gouvernementale de former plus.

L’enjeu clé est la communication et la sensibilisation sur les métiers. Pour nous, cela revient à se poser la question de ce qu’est un ingénieur et à y répondre de la façon qui parlera le plus aux jeunes et à leur prescripteurs (parents, enseignants). La CDEFI travaille ainsi sur une plateforme d’orientation entièrement dédiée aux études d’ingénieurs, avec un focus métiers très appuyé.

Le sujet croise également les notions de transition écologique, énergétiques, numériques, car les métiers de demain sont aussi ceux qui participeront à imaginer et bâtir une société plus durable et responsable. C’est un critère de plus en plus pris en considération par les jeunes générations et qui doit donc être intégré pleinement à la communication sur l’orientation.

Mieux comprendre les liens entre formation, emploi et travail : c’est la mission du Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications), établissement public créé en 1971. Clémence GIRARD-COUSSY, cheffe du service communication, revient sur les enjeux qui traversent son institution.

Pourquoi adhérer à l’Arces ?
Dans le quotidien de communicante, faire partie d'un réseau permet d' "ouvrir les fenêtres" sur d'autres pratiques et de gagner du temps. Les échanges - par exemple lors des Prix de la communication - sont une opportunité pour découvrir une série d'initiatives intéressantes et d'échanger avec les membres du jury (dans une très bonne humeur, il faut le souligner !). L'Arces propose également des formations très régulièrement, ce qui peut permettre de creuser un sujet spécifique.

Quels sont enjeux en matière de communication pour votre institution ?
Le secteur est en pleine évolution. Le Céreq est un pôle public qui a pour mission de mener des études et des enquêtes statistiques pour mieux comprendre les liens formation-emploi-travail. Nous sommes donc aux avant-postes pour mesurer ces changements et les décrypter. Pour notre communication, 2023-2024 sera placée autour de la diffusion des résultats de nos études auprès de la communauté qui nous suit mais aussi au-delà, avec un travail de pédagogie autour de ces résultats parfois complexes mais oh combien riches ! en termes de contenus et d'apprentissages.

Comment améliorer, encore et toujours, l’image de nos institutions ? C’est l’un des challenges de la #ComESR, rappelle Claudie Galnon, directrice de la communication d’Avignon Université, qui a rejoint le conseil d’administration de l’Arces en juin dernier.

Pourquoi adhérer à l’ARCES : Association des Responsables de Communication de l'Enseignement Supérieur ?

Je connais l’Arces depuis 20 ans, lorsque je suis entrée dans le monde de la communication universitaire. Ma direction m’y a fait adhérer tout de suite à l’époque, et j’ai pu y découvrir de nombreux intérêts : pouvoir se former régulièrement, échanger sur nos pratiques, avoir un réseau relationnel.

Pour moi c’est aussi important professionnellement, socialement que personnellement, car cela permet de monter en compétences avec de nouvelles formations qui évoluent au même rythme que les nouvelles pratiques, se faire connaître et reconnaitre, par nos paires mais aussi grâce aux prix de l’Arces lorsque nous obtenons un prix, car le rayonnement dans la sphère des médias de l’enseignement supérieur est important, et personnellement parce que c’est un lien humain avant tout, on se sent moins seul dans nos fonctions et nos doutes parfois.

Je suis entrée dans le CA car je me sentais prête à autre chose que recevoir, je souhaite contribuer au développement de l’association et participer activement aux décisions, apporter ma petite pierre à l’édifice.

Quels sont les principaux enjeux dans notre secteur de la communication ESR pour l’année qui vient ?

L’image de l’université est toujours à améliorer. Nous travaillons tous à attirer des étudiants dans nos établissements, et nous souffrons d’un déficit de réputation alors que c’est LE modèle public de formation d’études supérieures avec des enseignants-chercheurs qualifiés et reconnus, et des frais d’études abordables par rapport au privé, ce qui n'enlève rien à la qualité des formations.

De plus l’insertion professionnelle et le suivi d’orientation ont une vraie place dans les parcours de formations, il faut davantage mettre cela en avant. Au niveau des pratiques, il ne faut pas louper le coche de la transformation des usages professionnelles et pédagogiques via l’intelligence artificielle dans les universités. C’est maintenant. Il y a une réelle crainte actuellement il me semble, de savoir comment s’en servir sans trahir nos savoir-faire, pour optimiser et gagner du temps, et en apportant une véritable valeur ajoutée.

En ce qui concerne Avignon Université, ses 4 UFR vont se transformer en 2 instituts en 2024, pour une nouvelle organisation au service du projet d’établissement. Les deux instituts auront vocation à renforcer la position stratégique de l’établissement au sein de ses écosystèmes de recherche, d’innovation et de formation, en accord avec ses axes majeurs, « Agrosciences, Environnement et Santé » et « Culture, Patrimoine Sociétés numériques ». Le but est de favoriser une synergie accrue entre la formation et la recherche, tout en encourageant l’interdisciplinarité au sein de chaque thématique. Il y a tellement de sujets ! un petit dernier : le déploiement du schéma directeur lié à la transition environnementale début 2024, qui va bien occuper aussi mon équipe et toute la communauté universitaire, pour que chacun améliore ses pratiques, c’est un beau challenge inspirant !

Faire émerger la voix de nos établissements dans les débats de société : tel est l’un des enjeux de la ComESR rappelle Anne-Lise Rotureau, déléguée générale et conseillère du président du réseau des INSPÉ.

Créé en 2013, le Réseau des instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation (Réseau des INSPÉ) est une association loi 1901 qui réunit les 32 INSPÉ et l’ENSFEA (École nationale supérieure de formation de l’enseignement agricole).

Pourquoi adhérer à l’ARCES ?

Pouvoir bénéficier d’un espace de réflexion et d’émulation, d’échanges entre pairs, d’échanges de pratiques ou d’informations mais également de formations, c’est essentiel pour des professionnels exerçant des métiers comme ceux de la communication et qui doivent s’adapter constamment aux nouveaux outils, aux nouvelles pratiques, aux usagers. Et c’est cela l’ARCES. En assistant à la dernière grande journée de l’ARCES, j’ai par exemple pu repartir avec des idées et des pratiques à adapter à mes enjeux et à mes problématiques actuelles de communication, c’était vraiment une journée très stimulante. Et travaillant moi-même dans un réseau, je ne peux que confirmer qu’être membre d’un collectif est une richesse immense, autant personnellement que professionnellement.

Quels sont les principaux enjeux dans notre secteur de la communication ESR pour l’année qui vient ?

S'il ne faut citer qu’un enjeu, je vais dire qu’il faut rendre encore plus visible, car nous ne partons pas de zéro, l’Enseignement Supérieur et la Recherche dans le débat public. Nos établissements, à travers leurs personnels et leurs étudiants, ont une expertise à apporter aux débats qui peuvent traverser la société mais aussi face aux changements sociétaux et environnementaux qui touchent notre quotidien à tous, expertise malheureusement parfois peu reconnue ou valorisée autrement que par nos établissements.

Échanger avec des consoeurs et des confrères qui parlent le même langage. Telle est l'une des raisons pour lesquelles Anne Trotoux-Coppermann et son équipe sont membres de l'Arces. La directrice de la communication de l'École polytechnique et de la Fondation de l'École polytechnique revient sur les chantiers qui attendent son institution, côté communication.

L’École polytechnique rejoint en 2024 l’Arces. Pour quelles raisons avez-vous souhaité adhérer ?

Il me semble que l’école fut membre de l’Arces il y a plusieurs années, mais il était temps pour notre équipe de rejoindre de nouveau l’association. Et ce, pour une raison simple : le partage. Nos institutions sont singulières et elles rencontrent toutes des problématiques très spécifiques. Notre public cible étudiant, pour ne prendre que cet exemple, se renouvelle chaque année. Il nous challenge, il évolue très vite et nous devons continuer de le comprendre.

J’échange régulièrement avec des directrices et directeurs de la communication d’autres secteurs, qui évoluent notamment dans des entreprises du CAC40. Et l’on voit bien que les terrains de jeu sont très différents, que ce soit en termes de budget, d’investissement, de fonctionnement, de ressources humaines. S’ouvrir aux autres secteurs est important, mais nous avons besoin d’échanger avec des consoeurs et confrères qui parlent le même langage. Et l’Arces permet cela.

Et je dois reconnaître que le nouveau modèle d’adhésion a permis de franchir le pas. Il est essentiel de pouvoir faire bénéficier toute mon équipe des services proposés par l’association.

Quel est, pour votre institution, le principal enjeu de communication pour l’année 2024 ?

Il est de nouveau temps pour l’École polytechnique de réaffirmer sa singularité et d’adapter ses messages, tant en interne qu’en externe. Nous avions fait ce travail en 2013. Mais depuis, nous avons connu plusieurs changements de gouvernance et la naissance de l’Institut Polytechnique de Paris. Ce chantier a énormément occupé les équipes et il est temps de reprendre un peu de hauteur pour nous recentrer sur notre raison d’être. Le tout, en prenant en compte des sujets désormais incontournables tels que la RSE (responsabilité sociétale des entreprises). L’objectif n’est pas de créer une nouvelle identité, mais de réaffirmer nos messages, en interne et en externe.

Ce travail se fera en parallèle d’un autre chantier, la préparation du lancement de la troisième campagne de levée de fonds de notre Fondation, en novembre. Les thématiques de campagne seront axées sur nos talents, la recherche, mais aussi l’évolution de notre campus. Le travail autour de la singularité de notre institution viendra nourrir celui autour de la levée de fonds. Et vice-versa.

Enfin, j’évoquais plus haut la RSE. Notre direction de la communication s’est positionnée au sein de l’école comme service pilote pour se former et mettre en oeuvre de nouveaux process visant à faire évoluer nos pratiques métiers. Tous les postes sont concernés : l’événementiel, la communication éditoriale, print ou digitale, la communication interne… Il nous paraissait essentiel d’ouvrir la marche car l'on voit bien que le changement des pratiques et des habitudes va prendre du temps.

Les métiers dédiés au social media management sont certainement parmi ceux qui évoluent le plus rapidement dans le secteur de la communication. Thomas Leclerc, social media manager de l'EM Normandie détaille comment son équipe se forme, reste en veille et fait évoluer sa stratégie... sur fond d'intelligence artificielle.

Votre établissement est membre de l'Arces depuis plusieurs années. Que venez-vous chercher dans l'association ?

Notre adhésion à l'ARCES offre énormément d'avantages. Elle facilite la mise en relation et la collaboration avec des collègues de l'Enseignement Supérieur, permettant ainsi l'échange d'expériences et de bonnes pratiques. En intégrant ce réseau de professionnels, nous pouvons aborder et résoudre ensemble des problématiques partagées, tout en tirant profit de l'expertise de l'association, via des formations par exemple.

Vous faites un métier qui évolue très vite, comment rester connecté / en veille sur les évolutions du secteurs, tant au niveau des pratiques que des stratégies ?

Il est essentiel que la stratégie Social Media de l'EM Normandie évolue régulièrement pour répondre de manière optimale aux enjeux de communication et aux pratiques professionnelles en perpétuelle mutation.

L'équipe Social Media, actuellement constituée de 2 personnes, se réunit tous les mois pour échanger sur les actions mises en place, en créant et analysant des rapports précis sur chaque canal afin de faire évoluer, modifier ou même supprimer des concepts créatifs sur les réseaux sociaux.

Ensuite, chaque été, l'équipe réécrit sa stratégie Social Media annuelle en fonction des orientations stratégiques de la Direction Générale de l'École. Par exemple, cette année, nous avons réorienté notre production originale de portraits d'étudiants et de diplômés "Les Belles Initiatives" vers des profils d'entrepreneurs à impact positif et des étudiants sportifs de haut niveau.

Nous sommes également très impliqués dans l'évolution de nos métiers au sein du pôle Social Media, et nous restons constamment en veille sur les dernières tendances et articles relatifs à l'actualité des réseaux sociaux.

Pour vous, dans votre métier, quel est le principal enjeu pour les mois qui viennent ?

Le principal enjeu à venir dans les prochains mois est sans aucun doute l'intelligence artificielle. Cela va révolutionner notre métier ! Mais nous adoptons une approche très positive au sein de l'équipe. Plutôt que d'avoir peur de l'IA, nous préférons en faire une précieuse alliée !

C'est pourquoi, dès le début de la démocratisation de ChatGPT, nous nous sommes formés pour en tirer le meilleur parti. Nous utilisons également l'IA dans la création de photos et de vidéos, notamment pour générer facilement des sous-titres dans toutes les langues et améliorer la qualité native de nos contenus. L'objectif est de nous faire gagner du temps sur des tâches où nous n'apportons pas forcément de valeur ajoutée.

Après plusieurs années dans le secteur du sport business, Alexandre Frachet a rejoint le secteur de l'enseignement supérieur en 2020, au sein de la direction merketing & communication d'ICN Business School Nancy-Paris la Défense-Berlin. Il décrit un véritable "coup de coeur" pour ce secteur, où la passion est un dénominateur commun. Comme dans le sport business, son ancien terrain de jeu.

Vous avez évolué dans le secteur du sport business durant plusieurs années. Quel regard portez-vous sur le milieu de l’enseignement supérieur et plus particulièrement de la communication ESR ?

Le regard que je porte sur l’enseignement supérieur et notamment sur les grandes écoles de management propose plusieurs similitudes avec le milieu du sport business. Tout d’abord, nous pourrions comparer le modèle des ligues fermées Nord-américaine (NBA notamment) à celui des business schools. Ce modèle repose, outre-Atlantique, sur une collaboration entre franchises pour atteindre le meilleur niveau de performance possible (sportive et business).

Il en résulte que la valeur sur le marché de ces franchises s’en est largement ressentie. Cette valeur a été multipliée en moyenne par 10 entre 2011 et 2022, époque pendant laquelle la NBA a nettement développé son marketing et son développement international (classement Forbes). Pour autant, les grandes écoles n’ont pas encore usé de ce système à son paroxysme. En effet, nous observons une concurrence intense entre écoles, exacerbée par une récente centralisation territoriale autour de Paris. Cela pourrait limiter les possibilités de s’approcher davantage du système des ligues fermées nord-américaines malgré des travaux collectifs inter-écoles au sein de plusieurs organisations nationales.

Par ailleurs, j’observe une seconde similitude, et peut-être la plus importante, la passion. Évidemment, le sport business est référencé comme "environnement/métier passion". Lors de mes 4 premières années dans l’ESR, j’ai rencontré une grande majorité de collègues passionnés par notre environnement au travers de la recherche, de la pédagogie, de la communication, des accréditations, etc.

Pourquoi vous impliquer aujourd’hui dans une association professionnelle telle que l’ARCES ?

Bénéficier de places d’échanges privilégiées comme l’ARCES participe activement au dialogue permanent nécessaire au développement et à la compétitivité de l’enseignement supérieur français. Nous avons besoin de prendre du recul sur le quotidien pour alimenter nos visions, nous avons besoin de nous former pour anticiper les grandes mutations, nous avons besoin de networker pour échanger sur nos problématiques, sur nos bonnes pratiques.

Par ailleurs, j’ai la chance d’avoir rejoint l’équipe de l’ARCES, avec l’ambition de participer au développement de cette formidable association et d’attirer toujours plus de confrères et consœurs vers les formations et événements de qualité, proposés par l’association.

Quel est selon vous le principal enjeu de la communication dans notre secteur, au vu de votre expérience et de votre "terrain de jeu" actuel ?

Si je devais évoquer un enjeu qui me tient à cœur dans les grandes écoles de management, et plus particulièrement à ICN, cela serait la sauvegarde d’un continuum classes prépa – écoles de management équilibré et bien réparti sur le territoire. Tout d’abord, il nous faut accompagner les classes préparatoires les plus exposées à la baisse du nombre d’élèves dans leur attractivité en proposant une communication commune sur les 5 années post-bac et adaptée à la cible lycéenne et ses codes.

Puis, il semble important de définir une clé de répartition permettant à l’ensemble des écoles post-prépa de recruter des promotions suffisamment conséquentes pour continuer à miser sur ce modèle. Perdre cela, ce serait perdre un ascenseur social d’excellence, éprouvé, pour former les futurs cadres de nos entreprises sur l’ensemble du territoire.

Contribuer au développement des territoires et œuvrer pour l'avenir. Stéphanie Lamaison est directrice de la communication de l'Université Clermont Auvergne : elle travaille avec ses équipes à l'installation de la marque sur son territoire. Un enjeu de taille, qui ne saurait se faire sans une forte coopération, tant en interne qu'en externe.

Votre parcours est marqué par une expérience forte dans la communication de l’ESR. Quelles sont, pour vous, les particularités, les valeurs de notre écosystème qui, selon lui, en font un secteur un excellent terrain jeu pour nous, communicants ?

Qui mieux que l’Université peut revendiquer de travailler pour l’avenir ? Elle forme aux métiers de demain et elle fait avancer la science. Cela lui confère une responsabilité majeure dans notre société et constitue un sujet stimulant pour les communicants.

Le moteur de l’ESR, c’est également la coopération ! Nos établissements entretiennent des liens avec de très nombreux partenaires locaux, nationaux et internationaux. Le communicant doit penser à tous ces publics. Ce n’est pas toujours facile mais on doit avoir ce challenge en tête car c’est en partie sur lui que repose la fierté d’appartenance à nos établissements !

Au sein de l’Université Clermont Auvergne, quels sont vos principaux enjeux en matière de communication ?

Comme tous les grands établissements, nous avons un enjeu de marque qui nous a notamment conduit à revoir l’architecture de notre charte graphique. En corollaire, nous travaillons également sur le renforcement du sentiment d’appartenance, la stratégie d’impact de nos réseaux sociaux et le renforcement de nos relations presse au service de la communication scientifique.

Vous développez des actions pour faire de l’université un acteur fort du territoire. Ce lien entre collectivité et université est-il plus travaillé qu’il y a quelques années ?

Tout à fait. Le schéma directeur de la communication de l’établissement affiche d’ailleurs une action intitulée « S’inscrire dans une dynamique territoriale ». En effet, l’UCA déploie de plus en plus d’actions communes avec les acteurs territoriaux au sens large : entreprises, collectivités, associations.

Naturellement, la Direction de la communication est partie prenante dans la valorisation de tous ces projets et œuvre pour la reconnaissance de l’établissement en tant qu’acteur majeur du développement économique et culturel du territoire. À ce titre, nous dialoguons étroitement avec nos homologues du secteur privé comme public. Ce dialogue interprofessionnel nous amène à nous adapter et, parfois, à faire évoluer nos pratiques.

Vous êtes membre de l’Arces depuis plusieurs années. Que venez-vous chercher au sein de l’association ?

Les associations comme l’ARCES sont essentielles au développement des compétences des communicants professionnels. Je dirais que l’association est un catalyseur d’intelligence collective. L’ESR est un secteur complexe dans son organisation, dans ses missions et son écosystème. Il est donc important que nous puissions interroger collectivement nos pratiques et s’enrichir mutuellement de nos expériences. Pour moi, cela constitue toujours une source d’inspiration !

Comment contribuer au rayonnement d'une marque à l'international ? C'est la question qui anime Marianne Conde Salazar, directrice marque & communication de l'ESCP Business School. À la tête de ce service depuis octobre 2023, elle met à profit ses compétences en développement et marketing pour ancrer l'ESCP BS dans un environnement international... sans toutefois oublier l'ancrage territorial.

Pour quelles raisons avez-vous souhaité rejoindre un réseau professionnel, en l'occurrence l’Arces ?

Nos métiers évoluent constamment et nous devons appréhender de nouveaux enjeux, dans le cadre de nos pratiques. C’est par exemple le cas avec l’arrivée de l’intelligence artificielle. Plus nous serons de cerveaux à réfléchir collectivement à ces problématiques, plus nous serons nombreux à partager notre expérience et plus armés nous serons pour faire évoluer nos métiers. C’est ce contexte et cette envie de mettre en commun nos connaissances qui m’ont poussée à rejoindre l’Arces.

Par ailleurs, la diversité des profils présents à l’Arces est à mon sens un formidable atout. Nous évoluons dans le même secteur, celui de l’enseignement supérieur et de la recherche, mais nous avons, selon la typologie de nos institutions, des enjeux, des caractéristiques et des contextes différents. Un exemple parmi d’autres : nos écoles de management ont beau être implantées en région, elles gardent un esprit très parisien dans leur exercice de la communication - en imaginant par exemple des audiences assez uniformes. Or, communiquer en prenant en compte son territoire et ses diversités est crucial. Les universités l’ont bien compris et leur expérience est très intéressante pour nous.

Vous avez réalisé une grande partie de votre parcours professionnel au sein de l’enseignement supérieur, en business developpement, en marketing et dans les relations internationales. Que vous apportent ces expériences aujourd’hui ?

Je viens en effet du développement des programmes et du marketing, à l’ESCP Business School notamment ! L’expérience que j’ai pu développer durant ces années me permet aujourd’hui de bien connaître les dynamiques à l'œuvre dans un établissement et de m’appuyer sur ces éléments de contexte pour bâtir une stratégie de communication et de marque robuste.

Quels sont aujourd’hui les enjeux de votre établissement, en matière de communication et de marque ?

L’objectif de ma direction est de travailler la notoriété et la réputation de l’école. Ce qui intervient bien en amont du marketing : je ne vise pas à toucher directement des candidates et candidats mais des universitaires, des leaders d’opinion déjà experts du management. L’enjeu est passionnant. Pour cela, il faut travailler autour de la marque mais aussi avec nos communautés, dont les alumni. Nos cibles sont, pour cette première phase de travail, l’Amérique du Nord (Canada et États-Unis) et l’Asie du Sud-Est.

Dans cette mission, notre enjeu concerne l’ancrage de notre école, qui compte six campus en Europe. Il faut à la fois communiquer pour ancrer les campus sur leur propre territoire, tout en visant l’Europe et l’international. C’est pourquoi le travail opéré par les universités pour tirer bénéfice de leur situation géographique est très intéressant à analyser.

Plus globalement, quelles sont les évolutions de nos métiers que vous observez de près ?

Comment ne pas citer l’intelligence artificielle ! J’y vois pour ma part une possibilité d’optimiser les outils existants. Que ce soit pour la production écrite, vidéo, iconographique ou pour le SEO (référencement des sites web)… Cette technologie peut nous permettre d’aller plus vite. Mais elle reste un outil, à l’image d’un fichier excel qui nous permet de gagner du temps sur les calculs. L’IA est pour moi une façon d’optimiser notre traitement de l’information.

Un autre enjeu est crucial à prendre en compte pour nos services, celui de l’authenticité. C’est peut-être l’IA qui va nous pousser à être vigilants collectivement sur ce point. Nous devrons veiller à ne pas avoir des communications standardisées, dénuées de toute humanité. Le contexte nous le rappelle : l’enseignement supérieur et la recherche est synonyme d’éducation et de transmission de valeurs. À nous de garder ces éléments en tête pour concevoir une communication incarnée et à l’écoute de nos communautés.

Fédérer les communautés et nourrir un élan collectif. À la direction de la communication de Nantes Université depuis début 2024, Gwénaëlle Maudet a trouvé dans l'Enseignement supérieur et la recherche un "formidable terrain de jeu", où le dialogue entre réflexion stratégique et déclinaison opérationnelle prend plus que jamais tout son sens.

Vous êtes à la tête de la direction de la communication de Nantes Université depuis début 2024. Si vous deviez faire un rapport d’étonnement sur la communication dans l’enseignement supérieur, quel serait-il ?

Je suis particulièrement frappée par la richesse des enjeux de communication dans le champ universitaire. Le foisonnement des projets, mais aussi la grande diversité des problématiques offrent un terrain de jeu passionnant à la communication. J’observe dans le secteur un haut degré de professionnalisation et une très bonne structuration des réseaux de communicants. Sans doute l’évolution de nos pratiques s’est-elle accélérée depuis la sortie de crise sanitaire. L’accompagnement des transitions est un enjeu d’autant plus sensible dans l’enseignement supérieur, que nous nous adressons à une communauté universitaire très diversifiée, avec des attentes fortes sur ces sujets.

Vous avez occupé plusieurs postes de directrice de cabinet. Les fonctions cabinet - communication sont, dans nos établissements peut-être plus qu’ailleurs, très imbriquées. Comment vos expériences antérieures nourrissent-elles votre travail actuel ?

J’ai effectivement toujours exercé des missions d’accompagnement stratégique, où les fonctions de cabinet et de communication étaient étroitement liées. C’est aussi le cas à Nantes Université, où la direction de la communication est rattachée au cabinet de la présidence. Cette trajectoire témoigne surtout de la manière dont j’appréhende mes missions depuis une vingtaine d’années, avec la volonté de nourrir continûment le dialogue entre réflexion stratégique et déclinaison opérationnelle. C’est dans cette articulation et ces allers- retours que je trouve mon équilibre et le sens à mon activité.

Quels sont, aujourd’hui, les enjeux de votre établissement en matière de communication ? Établissement qui a connu beaucoup de mouvements au cours des dernières années.

Lancé en 2022, l’établissement public expérimental est un chantier ambitieux, au sein duquel la dimension de coopération est essentielle. La communication a un rôle clé à jouer, en ce qu’elle permet d’établir des passerelles et des circulations entre ses membres. La multiplication des espaces de dialogue et d’enrichissement mutuel permettra l’émergence d’un grand établissement. Portée par cet élan fédérateur, Nantes Université a été lauréate de plusieurs appels à projets qui lui permettent d'initier des chantiers d’une ampleur inédite et de se projeter dans l’avenir.

Plus généralement, quels sont les sujets ou évolutions de nos métiers sur lesquels vous portez un point de vigilance ?

Il me semble que le plus important est de veiller à préserver le caractère profondément hybride de nos métiers. La communication, c’est un ensemble de techniques et de savoir-faire. Mais c’est également une capacité à conduire des projets, à nourrir un élan collectif et à fédérer des communautés professionnelles diversifiées. C’est aussi une capacité à se tourner vers l’extérieur, à transmettre et à rendre accessible des représentations au-delà d’un espace social homogène. Enfin, c’est un partenaire stratégique de l’exécutif, avec une dimension forte d’aide à la décision. L’urgence des sollicitations et la gestion des projets au quotidien nous expose au risque de rabattre nos métiers sur une seule de ces différences faces, pourtant toutes indispensables.

Vous avez rejoint l’Arces lors de votre prise de poste. Pour quelles raisons avez-vous souhaité intégrer ce réseau professionnel ?

Je suis toujours très attentive à la manière dont se structure et s’organise une filière professionnelle. J’apprécie de pouvoir échanger avec mes pairs sur mes pratiques et de partager des retours d’expérience. C’est donc tout naturellement que j’ai rejoint l’ARCES. C’était aussi pour moi une façon de prendre connaissance des enjeux propres à l’enseignement supérieur, même si j’ai pu rapidement constater que les problématiques sont en grande partie communes d’un secteur à l’autre. Finalement, j’espère surtout pouvoir tirer de mes échanges avec le réseau une forme de recul, peut-être de décentrement, et une vision prospective, particulièrement nécessaire dans nos métiers.

Les petits et moyennes universités ont tant à dire ! Benjamin Héraut est directeur de la communication de l'Université de Perpignan Via Domitia (UPVD) depuis septembre 2024. Après quinze années passées dans la fonction publique hospitalière, le professionnel de la communication souhaite voir son institution accroître son rayonnement hors les murs, sur son territoire et au-delà.

Vous évoluez dans la communication publique depuis plus de 15 ans avec une forte expérience dans le secteur de la fonction publique hospitalière. Comment capitalisez-vous sur cette expertise, dans votre poste actuel ?

Durant mes années passées dans l’univers des CHU (Centres hospitaliers universitaires), j’ai pu travailler régulièrement avec et aux côtés d’enseignants-chercheurs mais aussi des étudiantes et étudiants évoluant à l’hôpital ou dans les écoles paramédicales. C’est un atout pour évoluer aujourd’hui dans le secteur de l’ESR, même si les manières de communiquer, les objectifs et les sujets ne sont pas les mêmes.

Nos structures ont des similitudes fortes, par leur statut tout d’abord, mais aussi par certaines problématiques quotidiennes. Il n’empêche : j’arrive dans l’ESR avec, je l’espère, un regard neuf et c’est, je crois, une force pour faire parfois un pas de côté pour traiter certains sujets.

Il existe 32 CHU en France Existe-t-il un réseau, notamment de communicants, qui vous permettait de garder un lien avec vos collègues ?

Tout à fait. Il existe plusieurs commissions et sous-commissions, dont une dédiée à la communication. À l’initiative de la Conférence des Directeurs généraux de CHU, nous nous réunissions trois à quatre fois par an, pour aborder des problématiques et sujets communs. C’était d’une grande richesse et dès que j’ai rejoint l’Université de Perpignan Via Domitia, j’ai eu envie d’intégrer un réseau de professionnels de l’ESR, pour retrouver ce lien. L’université était déjà membre de l’Arces, mais cela m’a paru important de m’y impliquer dès mon arrivée.

J’attends ainsi de l’Arces de pouvoir trouver auprès des collègues des contacts, des avis, des retours d’expériences, nourris par le recul et leur connaissance fine du secteur. Je crois qu’il est important voire essentiel de disposer d’un lieu commun, où se retrouver pour partager. Notre établissement est de petite taille à l’échelle d’autres universités françaises, mais on peut être petits et inspirants ! Je crois que nous avons tous des choses à nous apporter mutuellement.

Votre université, qualifiée de “PMU” pour “Petite et moyenne université” a un poids socio-économique important sur son territoire. Quels sont vos enjeux en matière de communication ?

Nous sommes engagés dans un gros travail de création d’un sentiment d’appartenance. L’UPVD est une université qui dispose de 12 sites de formation et de recherche en Occitanie, dont Perpignan, Font Romeu, Narbonne et Carcassonne. Nous devons donc renforcer les liens qui unissent ces campus pour qu’un étudiant de Tautavel, par exemple, se sente appartenir à la communauté UPVD. Cela vaut aussi pour les personnels : en renforçant la fierté de travailler pour l’université, nous consoliderons notre marque employeur, c’est aujourd’hui un véritable défi.

Enfin, mon objectif est de faire sortir l’université de ses murs pour la faire rayonner au sein de la société. C’est l’une des missions de nos établissements et elle est plus que jamais primordiale. Dans une société où le “bruit” est incessant et les prises de parole parfois excessives, il est essentiel que nos chercheuses et nos chercheurs puissent s’exprimer.

Quels sont selon vous les leviers à activer en matière de communication pour atteindre ces objectifs ?

Nos métiers ont énormément évolué mais on continue d’attendre des communicants qu’ils sachent tout faire : réseaux sociaux, vidéo, codage informatique… Certes, la polyvalence est importante mais nous avons plus que jamais besoin de monter en compétences et pour cela, il faut à la fois identifier les expertises des équipes et former ces dernières, pour monter en puissance.

Au sein de la direction, j’ai souhaité que plusieurs de mes collaborateurs puissent bénéficier d’une formation en vidéo car je crois beaucoup au développement de ce média pour notre établissement. J’ai la chance d’avoir à mes côtés une équipe très dynamique, qui a à cœur de faire évoluer son métier, c’est précieux !


 

Comment tirer son épingle du jeu sur un territoire concurrentiel, après seulement cinq années d'existence ? C'est le challenge de l'INSA Hauts-de-France et de sa direction de la communication. Daphné Loquet-Caffiaux, dircom de l'institut, revient sur les enjeux qui rythment la vie de sa direction, marqués par un ancrage local fort et une volonté de se déployer aux niveaux national et international.

L’INSA Hauts-de-France est un jeune établissement, créé en 2019. Quelles sont vos priorités en matière de communication pour déployer la notoriété de l’institut ?

L’INSA Hauts-de-France a tout juste 5 ans, et à ce titre, il est important de bénéficier d’une bonne visibilité en travaillant notre identité, nos contenus et notre image auprès des différents publics qui donnent vie à notre Institut. L’objectif actuel est d’être davantage identifié et notamment au niveau local où la concurrence de grandes écoles d’ingénieurs est relativement forte du fait de leur propre notoriété, de la qualité de leur offre de formation et de la reconnaissance de leurs diplômes sur le marché du travail.

Ce travail est un enjeu de long-terme qui implique véritablement toutes les parties prenantes de l’établissement; qu’elles soient internes ou externes. Du fait de la “jeunesse” de notre établissement et de son implantation hors métropole, il peut être encore difficile de mesurer pleinement le potentiel dont dispose notre Institut : il faut à la fois valoriser la qualité de nos formations, souligner l’expertise du corps enseignant ainsi que celle des intervenants issus du monde de l’entreprise, mettre en lumière le puissant réseau de partenaires qui accompagnent le déploiement de notre notoriété, sans oublier de mettre en avant nos étudiants et diplômés, qui sont les ambassadeurs incontournables de notre établissement.

L’établissement a une double appartenance : l’Université Polytechnique Hauts de France d’une part, dont il est composante et le Groupe INSA dont il est membre ? Comment se construit l’équilibre entre les deux marques ?

Cette double appartenance peut être difficile à appréhender de prime abord mais elle est en réalité un véritable atout. Elle permet à notre Institut d’exister à plusieurs niveaux, aussi bien en local grâce aux forces de l’UPHF en termes de pédagogie, d’innovation et de recherche qui permettent de rayonner sur le territoire et à l’international, tout comme au niveau national avec le modèle déployé par le Groupe INSA, qui est de plus en plus plébiscité par les jeunes générations pour ses perspectives et ses valeurs.

Il faut cependant garder à l’esprit que l’INSA Hauts-de-France doit exister dans cet écosystème pour être reconnu dans son domaine de formations, et apporter lui aussi ses atouts aux deux entités que sont l’UPHF et le Groupe INSA. C’est un cercle vertueux qui doit être travaillé, réfléchi et abordé de manière constructive car bénéfique pour tous.

Vous avez une formation en communication, avez évolué dans différents secteurs. Quel regard portez-vous sur l’écosystème de l’enseignement supérieur et de la recherche en matière de communication ?

L’ESR est un secteur riche qui, malgré ce que l’on pourrait penser de prime abord, offre la possibilité d’appréhender la communication par de nombreux vecteurs et canaux. C’est un milieu qui est de plus en plus concurrentiel, il permet donc de faire preuve de créativité et de diversité dans les projets menés pour se démarquer.

D’autre part, l’un de nos public cible, qui est un public de jeunes, lycéens et étudiants, peut être difficile à appréhender car de plus en plus sollicité sur les réseaux sociaux, ayant un meilleur accès à l’information et attiré par des outils de communication en constante évolution. Mais cela permet finalement de mettre en œuvre une communication attractive aussi bien par nos contenus, par l’emploi de supports innovants mais aussi dans notre offre de formation qui doit coller toujours plus aux évolutions des métiers, ainsi que dans la qualité de la vie étudiante proposée sur nos campus, qui doit permettre de valoriser réussite et épanouissement personnel.

Quels sont selon vous les principaux enjeux de nos métiers ?

À mon sens, les métiers de la communication doivent désormais appréhender le développement accéléré des outils, notamment avec l’apport de l’intelligence artificielle qui bouleverse aussi bien nos pratiques que les modes de consommation de l’information.

Les vecteurs de communication sont également de plus en plus nombreux avec la digitalisation : il faut faire exister une entité au sein d’une multitude de media et de supports en diffusant une information qui captera notre auditoire. La créativité entre ici en jeu mais selon moi, il est indispensable en parallèle de valoriser l’humain et notamment, la manière dont on peut réussir à faire collectif afin de fédérer notre communauté.

Il me paraît également important d’avoir en tête les attentes de la société en matière d’authenticité, d’écologie ou encore d’éthique; des sujets qui contribuent à façonner la réputation d’une entreprise ou d’une institution.

Que venez-vous chercher dans un réseau professionnel tel que l’Arces ?

Adhérer à l’Arces, c’est bénéficier de l’expérience et du témoignage de communicants aux profils variés. Échanger sur nos pratiques, sur leurs évolutions constantes, sur la pertinence d’outils émergents, … constitue une source d’inspiration permettant d’exploiter pleinement la richesse de nos métiers.

Ce réseau nous permet aussi de prendre conscience de la multitude d’enjeux qui rythment la vie de nos institutions, parfois communs, parfois différents, mais toujours avec cette possibilité d’y trouver des références et des solutions applicables à nos projets stratégiques.

C'est une institution singulière dans le paysage de l'enseignement supérieur. Le Cnam (Conservatoire national des Arts & Métiers) a fêté ses 230 ans en 2024 mais continue de se réinventer. Sophie Grallet, directrice de la communication détaille les enjeux de cet établissement implanté sur tout le territoire et sa stratégie, bâtie autour de trois mots clés : harmonisation, collaboration et innovation.

Le Cnam est un établissement très particulier dans l’écosystème de l’enseignement français. Quel est aujourd’hui son principal enjeu ?

Le Conservatoire national des arts et métiers se distingue par son maillage territorial exceptionnel et son modèle unique de formation tout au long de la vie. Aujourd’hui, notre principal enjeu est d’accompagner la transformation des compétences face aux mutations profondes du monde du travail et aux défis sociétaux.

Il s’agit de renforcer notre capacité à proposer des formations adaptées aux besoins émergents, de valoriser nos travaux de recherche et d’amplifier la diffusion de la culture scientifique et technique. Cela implique une communication stratégique pour accroître notre visibilité et renforcer notre attractivité auprès des publics variés à qui nous nous adressons : étudiants, professionnels en reconversion, entreprises, institutions et plus largement les citoyens…

Le Cnam dispose de 200 centres d’enseignement en France, compte également des écoles… Comment mettez-vous en réseau toutes ces entités, ces marques, à l’échelle de la communication ?

La diversité et l’ampleur de notre réseau sont une force, mais elles représentent aussi un défi en matière de communication. À ma nomination en tant que directrice de la communication du Cnam en janvier 2023, j’ai initié une politique de communication qui repose sur trois piliers : l’harmonisation, la collaboration et l’innovation.

Harmonisation : nous avons mis en place une identité de marque forte et cohérente à l’échelle nationale avec le développement de marques ombrelles comme les écoles. Nous avons également fait évoluer récemment notre charte graphique pour répondre aux enjeux de modernité et de cohérence. Cette charte graphique, conçue par notre équipe interne de graphistes, a été testée par notre réseau de communicants. Ces derniers ont pu effectuer des remontées de difficultés rencontrées ou des éventuels points d’amélioration.

Collaboration : j’anime un réseau de communicants au sein de nos centres et écoles, avec des réunions mensuelles pour échanger sur nos problématiques, s’inspirer des actions des uns et des autres, mettre en place les bonnes pratiques. Nous développons notamment la mutualisation des outils, comme les kits de communication pour assurer une cohérence dans nos messages et nos actions.

Innovation : nous exploitons le numérique et les nouvelles technologies pour fluidifier la communication entre nos structures, tout en développant des stratégies digitales qui renforcent notre présence et notre interaction avec nos publics. Le renforcement de notre réseau interne de communicants est essentielle pour faire rayonner le Cnam et fédérer l’ensemble de nos communautés autour de nos missions communes.

Vous avez évolué à plusieurs postes au sein de l’institution depuis bientôt quinze ans. Comment l’avez-vous évoluer, dans un contexte où la communication a pris de plus en plus d’ampleur ?

Effectivement, je suis arrivée au Cnam en 2010 en tant que responsable de l’équipe des graphistes, de l’édition et des publicités. Lorsque j’ai commencé, la communication dans l’enseignement supérieur et la recherche était souvent perçue comme un support, alors qu’aujourd’hui elle est un levier stratégique incontournable. Cette évolution s’est traduite par une montée en compétences, tant sur les enjeux de marque et d’influence que sur l’intégration du digital dans nos stratégies.

Mon parcours au sein du Cnam a suivi cette dynamique : j’ai pu explorer différentes facettes de la communication – institutionnelle, interne, digitale – et accompagner la transformation de notre établissement en valorisant ses missions et ses talents.

Aujourd’hui, en tant que directrice de la communication, mon rôle est de donner du sens, d’anticiper les évolutions et d’engager nos publics autour des valeurs et des ambitions du Cnam. J’ai la chance d’être entourée d’une équipe de professionnels très motivés et très créatifs, ce qui me permet de relever ce défi passionnant dans un environnement en mutation permanente.

Votre établissement est adhérent de l'Arces. Que venez-vous chercher au sein de l’association ?

J’apprécie les échanges avec mes pairs sur les meilleures pratiques en communication dans l’enseignement supérieur et la recherche. Je cherche à enrichir ma réflexion stratégique à travers des retours d’expérience et des études de cas inspirantes.

Intégrer ce réseau me permet également de suivre les tendances du secteur et d’anticiper les évolutions de notre métier. Je souhaite partager mes propres expériences et contribuer aux réflexions collectives. Enfin, je vois cette adhésion comme une opportunité de renforcer la visibilité et l’attractivité de mon établissement.

A la tête du service communication de l’ESSEC Business School depuis 6 ans maintenant, Natalie Kettner dirige une équipe de 15 personnes. Franco-américaine, elle connait très bien les enjeux du secteur des Business Schools à la fois très exigeant et très concurrentiel dans lequel elle évolue depuis près de 20 ans.

Comment adopter les nouveaux codes de communication pour s’adresser aux jeunes générations tout en restant alignée avec ses valeurs, sa stratégie et sa réputation quand on est une institution d’excellence reconnue internationalement ? La récente campagne institutionnelle Transcend, saluée par un Prix de l’ARCES en juin dernier, nous a montré que c’est possible. Rencontre. 

A travers la campagne Transcend, vous portez la nouvelle stratégie de l’Ecole en faisant le choix d’un ton et d’une approche très singulière. Qu’est-ce qui vous a permis d’oser ce parti-pris ? 

C’est le fruit d’une véritable co-construction au sein du COMEX. En faisant le choix d’associer la direction de la communication à la réflexion stratégique de l’établissement, notre directeur général a envoyé un message très clair : nous sommes les porte-drapeaux de la stratégie et nous participons à penser la meilleure manière de décliner cette stratégie et de l’ajuster pour maintenir une complète cohérence entre ce qui est dit et montré avec ce qui est fait et vécu par les parties prenantes. Cela m’a permis d’être pleinement associée à l’élaboration du plan stratégique et de penser avec le COMEX la manière de le décliner côté communication.

Cette place au sein du COMEX n’est pas une évidence dans toutes les institutions de l’ESR. Qu’est-ce que cela vous permet en tant que Dircom ? 

Le ou la directrice de la communication est avant tout un stratège, un chef d’orchestre et un bâtisseur d’histoires. Pour être cohérent à tous points de vue, nous ne pouvons pas arriver en bout de chaine par rapport à la stratégie de l’établissement. Etre au COMEX me permet d’être informée de ce qu'il se passe d’important au sein de l’institution, d’être au cœur des réflexions et de pouvoir être force de proposition. J’ai conscience que ce n’est pas partout le cas mais cela me semble essentiel si on veut être efficace et cohérent.

En quoi la campagne Transcend reflète-t-elle l’identité et le positionnement de l’Ecole ? 

A travers cette campagne, c’est avant tout l’esprit d’ouverture que nous avons voulu illustrer : en incitant à porter un autre regard, en montrant la diversité des points de vue, nous illustrons ce qui nous anime et nous porte : l’ouverture au monde,la transdisciplinarité et l’esprit pionnier. Cette campagne est aussi le reflet de notre capacité d’innovation et de notre esprit humaniste et responsable. 

Quels sont les principaux enjeux de l’ESSEC côté communication ? 

Notre principal enjeu est de fédérer nos communautés en France comme à l’international pour ancrer le sentiment d’appartenance. En tant qu’institution académique d’excellence, on se doit de maintenir partout et tout le temps notre réputation et maintenir les bases d’une marque cohérente. Partout dans le monde, notre enjeu est qu’il n’y ait qu’une seule et même marque ESSEC. Cela ne nous empêche bien sûr pas de nous adapter aux marchés locaux sur lesquels nous sommes présents à l’international, à Singapour et à Rabat ainsi que dans nos hubs à New-York et à Londres.

Les étudiants sont de plus en plus exigeants en termes de contenus. Comment parvenez-vous aujourd’hui à capter leur attention ? 

Nous avons trouvé avec Instagram un ton et un style qui semble bien convenir à nos étudiants : notre taux d’engagement sur ce réseau est très élevé, et même supérieur à celui d’Harvard Business School ! Nous avons choisi de leur parler de ce qui les touche, les concerne et fait sens pour eux : la vie étudiante, les activités sur le campus, leur écosystème, le tout avec sincérité, authenticité et émotion. Nous nous appliquons à développer des contenus riches de sens et pertinents.

En tant que Grande Ecole de Management, vous avez une place particulière au sein de l’écosystème ESR. Qu’est-ce que vous apporte un réseau comme l’ARCES ?

Nous apprécions particulièrement l’offre de formation extrêmement pertinente proposée par l’ARCES. Mon équipe est très demandeuse de formations et ravie de pouvoir aller se confronter aux problématiques les plus actuelles de nos métiers aux côtés d’institutions pairs. De mon côté, un réseau comme l’ARCES est un lieu essentiel pour rompre la solitude du Dircom et bénéficier de  regards croisés sur les grands enjeux de notre secteur sans cesse en mouvement.

Quelle contribution pourriez-vous avoir envie d’apporter au réseau ?

La pression de la concurrence nous conduit à développer une expertise particulière sur certains sujets, comme la gestion des classements. Dans le domaine des écoles de commerce, la longue tradition et la multiplication des classements français et internationaux en font une activité à part entière et stratégique. Je pense qu’il pourrait être intéressant de croiser nos regards sur un sujet qui est aujourd’hui extrêmement stratégique, tant pour les Universités que pour les Ecoles.

Un mot pour conclure sur votre actualité de la rentrée ?

Nous inaugurerons à la fin du mois notre campus de Cergy dont les travaux de rénovation ou, je devrais dire « réinvention », sont désormais achevés. Nous y sommes installés depuis plus de cinquante ans et sommes très attachés à ce lieu : ce campus a une vraie histoire et contribue à asseoir notre identité et notre ancrage territorial. Nous avons des liens très forts avec la ville de Cergy et sommes soutenus par les collectivités territoriales avec lesquelles nous développons de vraies synergies. Ce campus nouvelle génération - résolument tourné vers l’avenir - est également la vitrine de nos différents champs d’expertise et de nos dernières innovations en matière d’apprentissage. C’est une étape très importante pour l’Ecole et cela occupe bien nos équipes !

À la tête du service communication de l’Institut national supérieur de formation et de recherche pour l’éducation inclusive (INSEI), Valérie Landais conduit la stratégie de visibilité et de rayonnement de cet établissement unique en France. Sous double tutelle de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, l’INSEI, composante de CY Cergy Paris Université, réunit 130 personnels autour d’une même ambition : faire progresser l’éducation inclusive en France et à l’international. Rencontre avec une communicante engagée, guidée par le sens et la cohérence.

Vous avez un parcours riche et varié avant de rejoindre l’INSEI. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

J’ai une formation universitaire en lettres modernes, jusqu’au doctorat. Après quelques années comme enseignante et chercheuse, j’ai souhaité me réorienter vers la communication culturelle. J’ai travaillé ensuite dans des univers variés : collectivité, presse, fédération professionnelle, banque… Mais à un moment, j’ai ressenti le besoin de redonner du sens à mon parcours. L’offre de l’INSEI est arrivée au bon moment. Rejoindre cet institut m’a permis de renouer avec le monde universitaire tout en m’impliquant dans une mission profondément humaine. On ne vient pas à l’INSEI par hasard.

Comment s’organise aujourd’hui la communication au sein de l’Institut ?

Nous sommes quatre : une chargée de communication, une graphiste, une chargée de mission Alumni et moi-même. L’équipe est petite mais très investie. Nous avons, par exemple, lancé une plateforme collaborative Alumni qui relie anciens étudiants, personnels et apprenants autour du mentorat, de l’insertion professionnelle et du partage d’expériences. C’est un outil de lien et d’appartenance qui illustre bien notre approche inclusive.

Quels sont les grands enjeux de communication pour un établissement comme le vôtre ?

Ils sont multiples ! D’abord, rendre visible l’expertise de l’INSEI au-delà du cercle de l’Éducation nationale. Nous avons repositionné notre compte LinkedIn sur les thématiques d’expertise : en un an, le nombre d’abonnés a triplé. Nous restons aussi très actifs sur Facebook, qui touche davantage les associations et la communauté sourde. Ensuite, il y a un enjeu de cohérence et d’accessibilité : tous nos supports doivent être inclusifs, ce qui suppose une attention constante. Enfin, nous préparons le déménagement au Pôle national pour l’éducation inclusive à Saint-Germain-en-Laye : accompagner ce changement interne est un chantier majeur.

Comment l’INSEI affirme-t-il son positionnement dans le paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche ?

L’institut repose sur trois piliers : la recherche, avec son laboratoire le GRHAPES et une chaire UNESCO « Handicap, Éducation et Numérique » ; la formation, qui s’adresse à tous les acteurs de la pédagogie inclusive ; et la production de ressources (médias, publications, outils numériques). Nous développons aussi des partenariats, comme avec le Salon du livre jeunesse, pour élargir notre audience et faire dialoguer le monde académique, les associations et le grand public. Notre approche est résolument ouverte et collaborative.

En quoi le réseau de l’Arces vous est-il utile dans votre fonction ?

L’Arces est un appui précieux. Grâce à l’observatoire des métiers, j’ai pu analyser les pratiques de communication dans l’enseignement supérieur et mieux comprendre les enjeux de gouvernance. Cela permet aussi de partager un langage commun entre pairs et de rompre l’isolement qu’on peut ressentir dans certaines fonctions. C’est un espace d’échanges et de progression collective.

Un mot pour conclure ?

L’INSEI est implanté sur le site historique de l’ancienne École de plein air. En langue des signes française, le signe pour dire INSEI et celui pour dire « École de plein air » sont identiques. J’aime cette symbolique : un lieu ouvert, où l’on « donne de l’air » aux étudiants. C’est tout le sens de l’éducation inclusive.

Après 3 ans à la Direction de la communication de l’Université Toulouse Capitole, Claire Gislon a rejoint Toulouse School of Economics (TSE) il y a tout juste un an. Face à la spécificité du contexte universitaire toulousain, TSE est parvenue à tirer son épingle du jeu en devenant Grand Etablissement autonome en 2022. Un statut particulier qui convient bien à la place singulière qu’occupe cet établissement public dans le paysage de l’ESR français.

Vous préparez le lancement d’un diplôme de grade Master. C’est une étape importante dans l’histoire de TSE ?

Oui en effet. Nous avons longtemps été principalement un laboratoire de recherche en économie. Créé par un chercheur toulousain, Jean-Jacques Laffont, qui, après son doctorat au MIT, a tenu à revenir à Toulouse pour lancer le projet fou de créer un laboratoire de recherche en économie de rang mondial. A l’époque, ce laboratoire était regardé comme un véritable Ovni. TSE a pris de l’ampleur après l’attribution du Nobel d’Economie à un de nos chercheurs, Jean Tirole, en 2014. Nos activités d’enseignement se sont progressivement développées. Le lancement de notre diplôme d’établissement à la rentrée 2026 viendra renforcer notre offre de formation qui a vocation à se développer encore dans les années à venir avec la création de nouveaux diplômes.

Votre Master fait figure d’exception dans le paysage de l’enseignement public. Pourquoi ? 

Effectivement le modèle que nous mettons en place pour ce diplôme est proche de celui des Grandes Ecoles avec un cycle préparatoire de deux ans correspondant à une Licence 1 et 2 puis une sélection en fin de L2 pour intégrer la suite du parcours en 3 ans (cycle école). Les étudiants pourront individualiser leur parcours, ils seront accompagnés dans leurs choix et dans la construction de leur parcours de formation. Ils auront accès à des modules transversaux de développement de soft skills et à de nouveaux services. 

Tout cela a un coût et amène des frais de scolarité inhabituels dans l’enseignement public français. A quoi répond ce modèle ?

Il est fort probable que les financements publics attribués à l’ESR décroissent. Or notre volonté est de ne faire aucun compromis sur la qualité de l’enseignement mais également de développer plus de services utiles aux étudiants. Il est donc indispensable de mettre en place des frais de scolarité. Ils seront basés sur un modèle solidaire et adaptés aux ressources financières des étudiants et de leurs familles. Nous proposerons également un système de bourses et d’exonération au mérite.

Quels sont vos principaux enjeux en termes de communication ? 

En premier lieu nous avons un important enjeu de notoriété. Notre établissement, encore relativement jeune (18 ans), souffre d’une confusion de nom avec Toulouse Business School (TBS) et Toulouse School of Management. Notre enjeu est aussi de faire reconnaître la contribution sociale et sociétale de l’économie. TSE pâtit aujourd’hui de l’image de la discipline jugée austère et incompréhensible par certains. Or, l’économie est un exceptionnel outil de compréhension du monde. Il nous faut montrer les apports et l’intérêt de l’économie pour former des acteurs capables de contribuer à changer le monde. Et valoriser l’approche transversale de notre discipline avec d’autres matières comme les mathématiques, l’histoire, l’anthropologie, etc. Enfin la nécessité de promouvoir une nouvelle offre de formation en France et à l’international va nous conduire à renforcer nos activités marketing.

Vous avez rejoint l’ESR il y a 8 ans après une première partie de carrière chez Renault puis au sein de grands établissements culturels publics. Quel est le fil rouge de votre carrière ? 

Tout au long de ma carrière, j’ai travaillé à la valorisation de marques, en repositionnement, fusion ou transformation. Au-delà de la stratégie, j’adore travailler sur l’implémentation : comment transformer l’essai et réussir le changement. Le travail autour de la marque induit de forts leviers de transformation. Ce fil rouge, je le retrouve aujourd’hui à TSE : avec comme cahier de charges de sortir d’une communication orientée majoritairement recherche pour promouvoir une offre de formation en plein développement, je suis sur mon terrain de prédilection. Raconter de belles histoires, valoriser les talents, développer la notoriété… Tous les ingrédients y sont !  

Votre équipe est-elle structurée pour y parvenir ? 

Même si TSE est 16è au classement de Shanghai en économie, nous restons encore un petit établissement par notre taille (2000 étudiants). De fait, mon équipe est plutôt bien structurée avec 7 personnes réparties en 3 pôles. Une partie de notre équipe est financée par notre Fondation dont la belle réussite fait référence. Dans ce contexte, notre équipe consacre une part encore très importante de son temps au soutien à la recherche. C’est un modèle assez particulier qui ne laisse pas toujours la place suffisante pour tout faire mais je reste confiante sur notre capacité à évoluer. 

En quoi un réseau comme l’ARCES est un soutien pour vous et votre équipe ? 

Avant tout, l’Arces nous apporte une richesse de points de vue et d’échanges qui est assez unique dans notre écosystème. Et, même si nous ne pouvons pas toujours en profiter, l’offre de formation est très intéressante. A titre personnel, au vu des enjeux de mon établissement, j’aurais besoin d’encore plus d’ouverture à  l’international notamment. Mais j’ai compris, grâce à l’Arces, que d’autres réseaux comme EUPRIO notamment pouvaient répondre à ces besoins.

Depuis près de vingt ans, Claire Bergery-Noël est directrice de cabinet et de la communication de l’EDHEC Business School, grande école de commerce et de management présente sur cinq campus dans le monde. Elle orchestre la stratégie de communication et d’influence entre vision stratégique, engagement collectif et recherche de cohérence. Elle incarne une communication à la fois ancrée et inspirée. Rencontre avec une communicante pour qui chaque message doit avoir du sens.

Vous pilotez les enjeux de la communication de l’EDHEC depuis 2007. Qu’est-ce qui vous attache à cette institution ?

C’est une école exigeante, complexe, très incarnée – et donc passionnante. L’EDHEC a une culture forte, une identité à la fois patrimoniale et internationale. Ce qui me plaît, c’est de contribuer à faire vivre cette singularité, à la traduire en messages cohérents, crédibles et responsables. Et puis, j’ai une équipe fantastique : on travaille beaucoup, mais dans une vraie énergie collective. C’est un poste intense, mais profondément stimulant.

Votre parcours avant l’EDHEC est très tourné vers le service public et l’intérêt général. Y a-t-il un fil conducteur ?

Oui, sans aucun doute : la conviction que la communication a du sens quand elle sert la connaissance et le bien commun. J’ai travaillé dans des institutions publiques et associatives, au Luxembourg et à Lyon, toujours autour de la transmission et de la valorisation du savoir. L’enseignement supérieur prolonge naturellement cette logique : c’est un lieu de réflexion, d’innovation, et d’impact social. Ce qui me passionne, c’est de faire le lien entre ces dimensions intellectuelles et humaines.

Comment parvient-on à faire exister une marque comme l’EDHEC dans un paysage aussi concurrentiel ?

Notre enjeu est d’incarner nos valeurs – innovation, impact et engagement – tout en affirmant une identité claire. Nous voulons montrer une école d’excellence, mais proche, authentique, enracinée dans la réalité de ses parties prenantes : étudiants, diplômés, personnels, partenaires. Nous avons une communication responsable, connectée à la vie réelle, loin des postures. L’école n’est pas une tour d’ivoire : elle est au cœur de son écosystème. 

Quels sont vos grands chantiers de communication en ce moment ?

Nous avons engagé une refonte complète de notre plateforme de marque et nous lançons prochainement une marque employeur. Ce faisant, nous voulons renforcer le leadership de l’institution. En parallèle, nous développons une stratégie de communication responsable. 

Vous parlez souvent d’“impact positif”. Comment cela se traduit-il dans vos actions ?

Nous avons une démarche très concrète. Par exemple, lors de notre dernière remise de diplômes, nous avons supprimé les toges au profit d’étoles fabriquées à Lille, les trophées sont désormais en bois issus de forêts françaises et le cocktail est à 80 % végétarien, à base de produits locaux et de saison. Nous avons également signé un partenariat avec la SNCF pour encourager les déplacements en train. Nous avons produit un court film expliquant cette décision dans le cadre de notre stratégie bas carbone. Ce n’est pas de la communication “vertueuse” pour l’image, c’est une cohérence assumée. Plus largement, cela rejoint notre plan stratégique Génération 2050 : former des dirigeants capables de transformer durablement les entreprises et la société. Notre rôle, à la communication, est de traduire cette ambition de façon crédible et inspirante.

Votre direction compte plus de vingt collaborateurs répartis sur plusieurs campus. Comment insufflez-vous une dynamique commune ?

C’est un défi quotidien, mais c’est aussi notre force. Nous sommes présents à Lille, Paris, Nice, Londres et Singapour, avec trois grands pôles : les relations presse et publiques, la marque et la diffusion, et l’éditorial et l’engagement. Je crois beaucoup à la confiance et à la transversalité. Chacun apporte sa sensibilité, sa créativité et son expertise. C’est cette diversité qui nourrit notre cohérence globale.

Vous êtes également membre de l’Arces. Qu’y trouvez-vous que vous ne trouvez pas ailleurs ?

De la respiration, du partage, et une vraie intelligence collective. L’Arces rassemble des communicants d’univers très différents, et c’est cette hétérogénéité qui est précieuse. On y apprend des autres, on y confronte ses pratiques, et on se sent partie prenante d’un réseau exigeant mais bienveillant. C’est une bulle d’air dans des fonctions souvent denses et très exposées, une réflexion commune sur les enjeux de l’enseignement supérieur dans toutes ses dimensions et l’avenir des jeunes générations !


REPERES

  • Équipe : 23 personnes
  • 5 campus : Lille, Nice, Paris, Londres, Singapour
  • 10 000 étudiants
  • Plus de 600 personnels
  • 60 000 diplômés
  • Plan stratégique : Génération 2050

À la tête de la direction du marketing et du développement de l’Efrei - École d’ingénieur généraliste, numériques et établissement-composante de l'université Paris-Panthéon-Assas, Édouard Arnaud pilote un périmètre stratégique : admissions, communication, relations entreprises, vie étudiante, international et développement. Ancien entrepreneur, passé par les agences et le pilotage d’écoles au sein d’un groupe, il défend une approche intégrée : penser l’expérience étudiante comme un tout, de l’orientation à l’insertion professionnelle. Rencontre avec un bâtisseur pragmatique, animé par l’impact et la cohérence.

Votre parcours mêle entrepreneuriat, agence et enseignement supérieur. Qu’est-ce qui relie toutes ces expériences ?
Je suis diplômé de l’INSEEC, avec un MBA en business management et stratégie. Très tôt, j’ai co‑fondé deux entreprises, dont un média en ligne pour les 18–25 ans. Cette période m’a confronté à la croissance, au développement de marques, au management d’équipes et à la compétition. Chez Publicis, j’ai ensuite approfondi les enjeux de communication et de positionnement en travaillant avec de grands comptes. Puis, au sein du groupe Omnes, j’ai structuré et développé plusieurs écoles : c’est là que j’ai découvert l’enseignement supérieur comme un secteur à la fois stratégique, humain et en pleine mutation. Le fil conducteur, c’est la transformation et la conviction qu’elle doit toujours servir les publics.

Qu’est‑ce qui vous a convaincu de rejoindre l’Efrei ?
Après sept ans chez Omnes, j’ai été approché par l’école. J’ai tout de suite été séduit par son modèle : associatif, non lucratif, indépendant et reconnu d’intérêt général. Cela offre une vraie liberté stratégique et une vision de long terme, au service des étudiants, des entreprises et de la société. Aujourd’hui, je m’épanouis pleinement dans ce secteur : tout y bouge — pédagogie, alternance, international, impact sociétal — et c’est ce qui rend le métier passionnant.

Votre direction couvre un périmètre très large. Comment l’expliquez‑vous ?
Nous avons fait le choix d’un pilotage intégré. À Paris comme à Bordeaux, je supervise la vie étudiante, la communication et le marketing, les relations entreprises (Career Center, alternance, incubateur, alumni, fundraising), les admissions en France et à l’international, la stratégie internationale et le développement avec des projets comme le SIMS (un semestre d’immersion scientifique destiné à des étudiants d’écoles de management souhaitant acquérir une double compétence ingénieur manager). Mon rôle est de donner du sens, de la cohérence et une direction claire, en m’appuyant sur des équipes engagées et bienveillantes, ce qui représente près de 55 personnes en interne sur mes périmètres. Je profite d’ailleurs de ces lignes pour les remercier tous et toutes à nouveau, car j’ai la chance d’être merveilleusement bien entouré de personnes compétentes, impliquées et avec des valeurs partagées. La confiance de Frédéric Meunier notre directeur général, est aussi très précieuse. 

Quels sont les grands enjeux auxquels l’Efrei doit faire face aujourd’hui ?
Le marché se complexifie : baisse démographique, alternance sous tension, attentes accrues des étudiants. L’employabilité reste centrale : il s’agit de former des professionnels épanouis, novateurs, engagés capable d’évoluer dans des environnements hybrides, internationaux, responsables, en constante mutation. Nous devons mieux valoriser les conditions d’études — près de 22 000 m² désormais avec notre dernier bâtiment le New Republic — au service de la réussite et du bien‑être. La féminisation des formations d’ingénieurs et la meilleure reconnaissance des établissements EESPIG sont aussi des priorités fortes.

Vous parlez de « continuum » de l’expérience étudiante. Que mettez‑vous derrière cette idée ?
Proposer un parcours exigeant, sécurisé et accompagné : orientation, vie de campus, missions en entreprise, mobilité internationale, insertion professionnelle et accompagnement via le réseau alumni. Tout est lié. J’ai une conviction simple : un étudiant qui va bien est un étudiant qui réussit.

Vous êtes membre de l’Arces depuis dix ans. Qu’y trouvez‑vous de précieux ?
Un espace de réflexion, de partage et d’anticipation. Nos métiers évoluent très vite et restent parfois peu visibles. L’Arces permet de prendre du recul, de confronter des visions et de se sentir partie d’un réseau de pairs — exigeant et bienveillant à la fois.


Repères

  • Périmètre : admissions, communication & marketing, relations entreprises, vie étudiante, relations internationales, développement
  • Statut de l’Efrei : établissement d’intérêt général (EESPIG)
  • Date de création : 1936
  • 6000 étudiants 350 personnels 
  • Campus : Paris & Bordeaux

À la tête de la communication de l’Université Grenoble Alpes, Anne Pradillon accompagne depuis plus de vingt ans les profondes transformations de l’enseignement supérieur grenoblois. Issue de la fusion de trois universités et devenue grand établissement en 2024, l’UGA rassemble aujourd’hui près de 57 000 étudiants et 10 500 personnels sur 13 sites, au cœur d’un écosystème alpin d’excellence. La communication est aujourd'hui au coeur de deux enjeux majeurs : fédérer une communauté universitaire plurielle et rendre lisible un projet collectif tourné vers la recherche, l’innovation et le service à la société.

Quel est votre parcours ?

Je travaille dans la communication de l’enseignement supérieur grenoblois depuis un peu plus de vingt ans. J’ai donc eu la chance, et parfois le défi, d’accompagner toutes les grandes transformations du secteur : les évolutions institutionnelles et organisationnelles, la montée de la concurrence et l’émergence des « marques université », l’arrivée massive du numérique...
J’ai notamment accompagné les grandes étapes de structuration du site grenoblois, avec la fusion des trois universités en 2016, puis la création de l’Établissement public expérimental Université Grenoble Alpes en 2020, devenu grand établissement en 2024. Ce sont des périodes très intenses, où la communication joue un rôle clé pour expliquer, rassurer, fédérer et donner du sens.
Au fil des années, mon rôle s’est progressivement élargi d’une communication principalement opérationnelle vers une communication plus stratégique, en lien étroit avec la gouvernance. Mon parcours m’a appris à faire le lien entre la vision stratégique, les contraintes du quotidien et la réalité du terrain.

Comment votre service est structuré ?

La direction de la communication de l’Université Grenoble Alpes compte 27 personnes. Elle est organisée en trois grands pôles qui couvrent l’ensemble des métiers de la communication.
D’abord, un pôle Contenus, événements et presse, avec des chargés de communication thématiques. Ensuite, un pôle communication digitale, qui regroupe des chargés de projets web et médias sociaux, en charge de la stratégie et des dispositifs numériques. Enfin, un service Image, avec des graphistes, des réalisateurs vidéo et un photographe, qui produisent l’ensemble des supports visuels.
Et au-delà de l’équipe centrale, la communication à l’UGA, c’est aussi un réseau d’une soixantaine de correspondants communication, présents dans les composantes, les services et les laboratoires. La direction de la communication anime ce réseau, le coordonne et l’accompagne, pour assurer une communication cohérente et favoriser le partage des bonnes pratiques.

Quels sont les enjeux de communication à venir dans votre établissement ?

L’UGA, c’est un établissement jeune, issu de nombreuses mutations organisationnelles successives. Des fusions, des regroupements, des évolutions de périmètre, de gouvernance, de structures… Tout ça s’est fait relativement vite. Résultat : même en interne, tout le monde n’a pas toujours une vision claire de la structuration de l’établissement. Qui fait quoi ? À quel niveau ? …
Un des grands enjeux de communication, c’est donc de rendre intelligible cette nouvelle structuration. Quand on comprend comment l’institution fonctionne, on comprend mieux sa place, son rôle, et les logiques de décision. Ça apaise beaucoup de tensions, ça limite les incompréhensions, et ça favorise l’adhésion.
L’UGA est également une université composée de composantes très diverses, avec des histoires, des cultures, parfois des identités très fortes. Le défi, c’est de faire en sorte que chacun se sente à la fois pleinement membre de sa composante et pleinement UGA. Notre communication doit donc permettre de créer du commun, sans nier les spécificités : valoriser les projets transversaux, donner de la visibilité aux réussites collectives, raconter l’UGA comme un projet partagé, et pas seulement comme une structure administrative.

Vous êtes membre du CA de l’Arces : qu’est-ce qui vous a motivé à vous engager et quel est votre rôle dans l’association ?

L’Arces, c’est un vrai lieu de partage entre pairs, de réflexion collective et d’entraide, et j’avais envie de contribuer activement à cette dynamique.
Au sein du CA, je suis engagée dans le pôle éditorial. Je contribue de l’animation éditoriale de l’association, la newsletter et le site web. J’interviens aussi dans l’organisation de webinaires d’échanges de pratiques, qui permettent aux membres de partager très concrètement leurs expériences, leurs questionnements et leurs solutions.

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