Ou comment mobiliser une communauté pour réaliser ses projets ? Interview de Thérèse LEMARCHAND, associée fondatrice de Culture Time.




Le Crowdfunding (financement participatif) qui s’est développé aux Etats-Unis il y environ 7 ans avec des plateformes comme Indiegogo ou Kickstarter arrive en force en France. Pourquoi ne pas utiliser ce levier pour certains de nos projets d’établissements ?

Pouvez-vous nous dire un mot de Culture Time ?

Culture Time est une plateforme de mécénat participatif pour les structures professionnelles éligibles au mécénat. C’est un outil mutualisé de collecte en ligne sur un don animé permettant de fédérer des communautés autour d’un intérêt partagé.

Côté donateur, la plateforme permet à chacun, particulier ou entreprise, de participer de manière très simple et selon ses moyens.
 

Notre objectif est de mettre à disposition un outil extrêmement efficace pour présenter son projet, réaliser sa collecte et gérer en post projet sa base de données donateurs,  les reçus fiscaux…


La plateforme s’est ouverte au public en mai 2014 d’abord autour de programmes liés à la culture et l’éducation, puis s’est élargi à d’autres projets d’intérêt général. Pour nous, le mécénat participatif permet autant de transmettre et partager des connaissances que de générer des ressources.


Comment se passe une campagne de communication de mécénat participatif ?

Passer par Culture Time permet de disposer d’un outil performant sans coût de développements, d’une plateforme de gestion opérationnelle pour la collecte et le suivi des dons, pour focaliser ses ressources internes sur une campagne de communication ciblée et puissante. La communication est donc menée par le porteur de projet, même si nous proposons une offre d’accompagnement en fonction des besoins des structures.

Il faut d’abord définir de manière claire le projet et ses objectifs. Celui-ci doit présenter une valeur pour le public, être innovant et fédérateur.

La deuxième étape consiste à déterminer les cibles et les canaux de communication qui doivent être multiples, de l’e-mail aux réseaux sociaux, relations presses, print, événementiel… Il est très important de rentrer en contact avec les donateurs, de les rencontrer physiquement ou virtuellement et de les fidéliser. L’un des objectifs d’une campagne de mécénat participatif c’est de construire une véritable relation avec les donateurs.

 
Pourquoi est-ce que cela fonctionne ? Pourquoi les particuliers acceptent-ils de faire un don ?

Au delà du don, ce qui les anime c’est d’être partie prenante d’un projet d’intérêt général. Ce sont des campagnes qui recréé de communautés (physiques ou numériques) dans un contexte très mondialisé et qui permettent de rapprocher des personnes autour d’un intérêt commun.

 
Quels sont les axes possibles pour le mécénat participatif dans l’enseignement supérieur ?

Amélioration de l’existant, innovations, patrimoine sont les 3 axes essentiels que nous travaillons en préparation de campagne de fundraising en enseignement supérieur. Ils mettent en valeur des projets complémentaires à la réalisation de la mission coeur de la structure, développent son identité et son attractivité, et apportent une valeur ajoutée perceptible pour le donateur.


Le mécénat existe depuis très longtemps dans les universités américaines. Ce modèle pourrait-il se développer en France ?

Nous ne pouvons pas transposer en France ce qui se fait aux Etats-Unis. Nous avons une véritable acculturation à mener dans notre pays sur la participation individuelle au mécénat. Il faut bien différencier ce que nous identifions de la mission centrale d’un établissement qui est prise en charge par les ressources d’état ou les subventions et les projets qui peuvent apporter un plus. Aujourd’hui, en France, les individus restent frileux pour contribuer au cœur de métier des établissements. En revanche, ils sont très ouverts à participer à des projets ciblés.


Si l’on fait un parallèle avec le domaine hospitalier dans lequel le mécénat se développe également, voici quelques exemples de sujets venant apporter des améliorations ou de l’innovation, que les budgets actuels ne permettraient pas de financer : 
 
  •             améliorer les soins et favoriser la meilleure qualité de vie des patients, enfants et adultes, soignés à l’hôpital,
  •             mener des programmes de recherche innovants,
  •             acquérir des équipements de pointe innovants,
  •             ou encore rénover des services et valoriser le patrimoine hospitalier.

 
Qui, dans l’établissement, est concerné par la campagne de mécénat participatif ?

Tout le monde ! Ce sont des projets transversaux qui impliquent à la fois la direction de la communication, la fondation, les éventuelles équipes scientifiques ou en charge du patrimoine, la direction générale…  Le facteur clé de succès du mécénat c’est qu’il soit diffusé et relayé le plus largement possible. Chaque collaborateur doit être un ambassadeur du projet.
 

>>> Culture Time en quelques chiffres
 
  • La plateforme rassemble une cinquantaine de projets.
  • Plus de 230 K€ récoltés
  • 1840 donateurs


>>> Culture Time propose deux possibilités d’appel à projet sur la plateforme :

les campagnes à objectif et durée déterminés entre 1 et 3 mois

Exemple avec le Musée d’histoire Naturelle de Lille
 
  • du mécénat permanent avec la possibilité de soutenir une structure dans le temps

Exemple avec le centre de Musique Baroque de Versailles

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