Christophe Rousseau
Directeur de la communication, Université Côte d’Azur 
Membre du CA de l’ARCES, en charge du développement de la recherche 

Passer d’une stratégie de marque à une stratégie de signature scientifique

Membre de l’ARCES depuis de nombreuses années, Université Côte d’Azur a pris, depuis le 1er janvier 2020, un nouveau visage : elle rassemble désormais 17 acteurs académiques majeurs autour du noyau universitaire historique, se dotant au passage du statut d’université expérimentale.
Directeur de la communication de l’Université depuis 2012, Christophe Rousseau vient d’intégrer le Bureau de l’ARCES, avec pour volonté de promouvoir la Recherche au sein de la communauté. Explications. 

Qu’est-ce qui vous a motivé à prendre des responsabilités au sein de l’ARCES ? 

Il me semble très important de participer à la promotion de la communication scientifique autour des enjeux de la recherche notamment. Les établissements d’enseignement supérieur et les grands organismes de recherche (CNRS, INSERM, INRAe, INRIA, IRD…) ne peuvent plus ignorer la nécessité de dialoguer et de collaborer ensemble. L’activité de Recherche joue un rôle important dans les grands classements internationaux, comme Shanghaï par exemple, les universités y ont une carte à jouer. Pour être plus forts à l’international, il faut muscler nos collaborations sur un territoire. Promouvoir ces enjeux et valoriser les réalisations au sein de l’ARCES peut, je l’espère, amener de nouveaux établissements à adhérer à l’association et contribuer à renforcer cette synergie.

Quels sont les leviers pour y parvenir ? 

Aujourd’hui, chacun avance en pensant « marque » avant tout. Mais si l’on veut gagner en visibilité et progresser dans les classements, les chercheurs, où qu’ils soient, doivent avancer en ordre groupé. Il faut donc désormais penser « collectif », la signature scientifique commune est un enjeu stratégique incontournable par exemple. L’expertise des membres et les outils de partage propres à l’ARCES sont de réels atouts, il nous faut construire des outils avec l’apport des communicants de ces grands organismes. A nous, au sein de l’association, de proposer des formations et des événements à même d’aider la communauté à progresser et à aller dans le sens de l’intérêt commun. La conférence du 10 décembre est une première contribution et ouvre la voie vers d’autres projets sur cette thématique dont je compte m’emparer. 

Où en êtes-vous au sein de votre université ? 

Notre service de communication s’attache à travailler étroitement avec les responsables de communication mais aussi les cellules scientifiques des différents établissements et laboratoires. Ces dernières font un travail incroyable en termes de promotion de la recherche au profit de l’éducation à travers des événements comme la Fête de la Science par exemple. Je suis convaincu que c’est en travaillant main dans la main que nous pouvons contribuer efficacement à diffuser la recherche le plus largement à l’extérieur. Mais, pour aller plus loin, nous devons désormais franchir un nouveau cap en passant, à l’échelle globale, à un modèle de coopération plus anglo-saxon : pour s’affirmer comme un acteur important de la recherche, les Universités doivent pouvoir afficher des marques fortes sur leur territoire, sur le plan national mais aussi à l’international. Ce que le grand public connaît des universités ce sont ses diplômes et son nombre d’étudiants. C’est une représentation très réduite. La face cachée de l’iceberg, c’est l’activité de recherche de l’Université et sa capacité à booster l’innovation. C’est d’ailleurs ce qui fait toute la valeur des formations qu’elles proposent. Sans les grands organismes de Recherche, nous ne pouvons promouvoir cette dimension. 

Université Côte d’Azur est un établissement expérimental. Comment cela impacte-t-il la stratégie de marque ? 

Notre Université fait partie des dix universités françaises à avoir reçu le prestigieux label Initiative d’Excellence (Idex), ce qui nous place dans la course des meilleures universités intensives en recherche dans le monde. A cela, est venu s’ajouter début 2020 le statut d’université expérimentale. La mise en place d’Ecoles Universitaires de Recherche ouvre également le champ des possibles sur la densité et la diversité des partenariats public-privés. Ce statut renforce le décloisonnement entre formation, recherche et innovation et nous amène à travailler encore plus étroitement avec tous les acteurs socio-économiques du territoire… Désormais, nous n’avons plus d’excuse pour ne pas avancer conjointement, la construction de notre marque repose sur une multitude d’acteurs, les organismes de recherche y jouent un rôle prépondérant.

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