Anthony Vasseur est directeur de la communication de l’Université Littoral Côte d’Opale (Ulco) depuis quelques mois. A 28 ans, ce boulonnais d’origine a déjà occupé plusieurs postes en communication. Il a également été journaliste, une expérience professionnelle qui l’inspire aujourd’hui dans son quotidien de communicant. 

Depuis quand êtes-vous en poste ? Présentez-nous votre établissement.

Je suis directeur de la communication de l’Ulco depuis avril 2019. C’est une université à taille humaine : 10 000 étudiants se répartissent quasi équitablement sur trois villes distantes de 40 km chacune : Boulogne, Calais, Dunkerque. Le site de Saint-Omer est en plein développement. Nous avons des composantes interdisciplinaires, un IUT, une école d’ingénieur et une autre de commerce. L’Université fait partie depuis peu d’une nouvelle alliance (l’A2U) avec les universités Picardie Jules Vernes et l’Université d’Artois. 

 

Comment s’organise la communication à l’Ulco ?

Je travaille avec un graphiste, un webmaster/web-rédacteur, une assistante de communication qui anime les réseaux sociaux et un réseau d’une dizaine de communicants qui sont chargés de communication des pôles et des services de l’Ulco sans lien hiérarchique ou administratif avec moi. Nous travaillons en bonne intelligence au développement de la communication de l’Université.  

 

Quelques mots de votre formation et votre parcours antérieur ?

Après une licence de droit, j’intégre par hasard à l'École supérieure de journalisme de Lille dont je suis sorti diplômé à 23 ans (section presse radio). Correspondant local de Radio-France puis de radios privées en région parisienne, je prends la tête de la rédaction (8 journalistes) de Transat FM à Boulogne-sur-mer. Après un passage à la Voix du Nord, je quitte la presse écrite pour rejoindre une agence de conseil en communication de crise. 
C’est le directeur de la communication de Nîmes-Métropole, rencontré lors d’un stage en radio (France Bleu Gard Lozère), qui me débauche pour un poste d’adjoint chargé de la stratégie digitale. J’ai piloté toute la partie stratégie digitale de l’Agglomération. Enfin, très attaché à mon département d’origine, j’y reviens récemment en tant que directeur de la communication de l’Ulco. 

Votre parcours antérieur de journaliste vous sert-il dans votre poste actuel et si oui, comment concrètement ?

Journaliste, on me disait : « le journaliste n’est pas un communicant ». Je suis à la fois d’accord et pas du tout d’accord ! un communicant doit mettre en avant les actions et transmettre les messages de son institution, tout comme le journaliste « local » qui valorise les initiatives de terrain. L’objectif est différent mais les moyens pour y parvenir sont un peu similaires. La mission du journaliste est de porter un regard objectif sur une situation, c’est pourquoi le communicant doit construire la communication la plus dynamique possible pour aider le journaliste à composer son objectivité. Mon passé de journaliste me sert donc à simplifier et vulgariser la rédaction des informations délivrées par l’Université.

 

Que recommandez-vous aux responsables communication en matière de relations presse ?

Je recommande de personnaliser les relations avec le journaliste, qui doit être considéré comme une individu avant d’être le représentant de son média. Concrètement, par exemple au sein de la rédaction de la Voix du Nord, je repère un journaliste sensible aux questions relatives à la vie étudiante. Je privilégie le rapport à la personne, et préfère, si cela est possible, envoyer un communiqué en personnalisant mon message ou je l’appelle au téléphone pour lui proposer le sujet directement : il se sentira valorisé par la confiance que je lui témoigne et nous pourrons ainsi construire ensemble une relation presse durable.

 

Pour ou contre la conférence de presse de rentrée ?

Pour ! C’est un exercice crucial pour les journalistes ! Une des spécificités de l’Ulco est d’être multi-sites. La conférence de presse de rentrée est le moment privilégié où les journalistes peuvent échanger avec le président et son équipe, parler des projets, poser toutes les questions qu’ils souhaitent. L’idéal est de rendre l’exercice assez vivant et convivial.

 

Comment délivrez-vous par exemple les informations sur la recherche de l’Ulco ?

Nous travaillons en étroite collaboration avec les chercheurs et le service de la valorisation de la recherche (DIRVAL). Nous rencontrons les chercheurs et nous leur demandons de nous expliquer très concrètement leur recherche, comme ils le feraient à un membre de leur famille. Ainsi, ils emploient des mots très simples, ce qui nous permet de vulgariser leurs propos au maximum auprès des journalistes. Ces rencontres font l’objet d’articles dans notre Magazine Empreinte et permettent de dresser une fois par an le panorama des activités de la recherche.

 

Faut-il rédiger à la place du journaliste parfois ? Comment capter son attention ?

Non, surtout pas !  Le sentiment fort qui domine chez un journaliste est sa neutralité. Or, rédiger à sa place ne facilite pas son travail, vous touchez en réalité à son ego. Le rôle du communicant est de lui donner les clefs de la compréhension. Le meilleur moyen selon moi pour capter l’attention des journalistes c’est d’expliquer en quoi le travail du chercheur permettra d’améliorer le quotidien du citoyen.

 

Vous y parvenez ?

Il faut partir d’un exemple ultra précis qui touche le quotidien du citoyen ou d’une entreprise pour ensuite élargir sur l’ensemble des actions du laboratoire. Les chercheurs sont un peu enfermés dans leur langage technique : Il faut les convaincre de nous aider à vulgariser leur travail pour valoriser leur recherche. 
 

 ⇒ Lire les 10 commandements pour des relations optimisées avec la presse 

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