Béatrice Dias exerce la fonction de directrice de la communication depuis une vingtaine d’années dont quatorze à l’Université Claude Bernard Lyon 1. Investie au sein de l’Arces depuis de nombreuses années, Béatrice revient sur son parcours à l’aune des évolutions de son métier. 

Après avoir effectué des études de Lettres modernes et de communication à l’ICOM de Lyon dont elle est originaire, Béatrice Dias travaille un temps dans le secteur culturel qui lui est cher, étant danseuse depuis son plus jeune âge : compagnie de théâtre, festival de Musique, Maison de la Danse, sont ses premiers pas dans la communication avec une vraie ligne directrice, l’envie de répondre aux problématiques et aux exigences des publics, créer de l’envie… Mais surtout pour elle la communication c’est d’abord et avant tout savoir valoriser des valeurs et une identité. 
Arrivée à Paris en 2000, une annonce aiguise sa curiosité, la création d’un poste de chargée de communication à l’Université Paris 12 (aujourd’hui UPEC). « A l’époque, les postes de communication dans l’enseignement supérieur commençaient à peine à émerger, et en particulier dans les universités. Nous avions tout à inventer, à créer, c’est ce challenge qui m’a attirée ». Béatrice relève le défi, et le milieu de l’enseignement supérieur devient alors pour elle une évidence. Lorsqu’elle retourne dans sa région natale, pas question pour elle de quitter le monde de l’ESR, elle postule dans les universités de la Région et est finalement recrutée en 2006 à l’Université de Lyon 1 comme directrice de la communication.

 
Métier et secteur en constante mutation
« L’enseignement supérieur est un univers qui bouge tout le temps. En une décennie, j’ai accompagné toutes ses métamorphoses ». Constatant que « l’exercice de la fonction de communicant dépend beaucoup du président de l’Université, Béatrice Dias a l’impression « d’avoir vécu plusieurs vies professionnelles ». Avec ses sept présidents successifs, Béatrice a dû se réinventer, vivant une expérience différente à chaque fois. En 14 ans, le métier lui-même a également beaucoup évolué. « Nous sommes passés d’une logique de communication à une logique de marque. Auparavant, nous faisions de la communication institutionnelle, aujourd’hui c’est de la communication à 360°, pour tous publics, avec une multiplication des canaux de diffusion. Les réseaux sociaux ont complètement révolutionné notre métier par exemple : il faut arriver à tous les investir, qui plus est de manière performante », explique Béatrice Dias.  Les personnels doivent donc eux aussi s’adapter à ces nouveaux métiers qui font partie de la sphère de l’influence de la marque. Ils occupent une telle place dans les services que la DIRCOM doit faire évoluer ses recrutements au gré de leurs évolutions. « Aujourd’hui, nous devrons encore nous réinventer avec l’arrivée de l’IA, des chatbots etc., ou une internationalisation qui va encore augmenter », constate-t-elle.
 
Recherche, Vie étudiante : de nouvelles aires d’influence
La communication sur la recherche a pris une importance capitale, notamment sous l’impulsion des classements internationaux mais aussi du besoin de partager la science avec le plus grand nombre. « A Lyon 1, nous rédigeons une quarantaine de communiqués de presse recherche par an, co-signés avec les différentes tutelles". Autre enjeu apparu au cours de ces années : les modes de communication vers les étudiants. « Il faut les réinventer en permanence car eux-mêmes changent leur façon de communiquer à une allure incroyable. Nous avons dû investir massivement les réseaux sociaux pour satisfaire leur besoin d’immédiateté avec des images, de la vidéo ou même des serious game que nous organisons pour la rentrée. Il faut savoir se réinventer en permanence en fonction des univers de nos cibles, c’est ce qui est captivant dans nos métiers ». 
 
Manager les compétences de l’équipe
Lorsque Béatrice prend ses fonctions à Lyon 1 en 2006, elle a deux personnes dans son service. « Nous externalisions beaucoup. Dès mon arrivée, soutenue fortement par la présidence, pour gagner en agilité (et aussi optimiser les budgets), nous avons réintégré dans le service communication les fonctions de webmaster, de photographe et de graphiste ». Puis l’accent a été mis sur l’éditorial, « une évolution majeure de nos services de communication ces dernières années, pour Béatrice Dias. Toute mon équipe travaille aujourd’hui en mode « newsroom ». Avant, on nous demandait des plans de communication, aujourd’hui nous travaillons des stratégies éditoriales qui irriguent la totalité des plans de communication et concourent à construire l’identité de l’établissement ». L’ensemble de l’équipe du service que dirige Béatrice Dias y participe, ce qui lui permet de fonctionner comme un véritable comité de rédaction. « Chaque semaine nous listons les sujets à valoriser dans l’Université, puis nous nous les répartissons en fonction des appétences de chacun mais personne n’est cantonné à un domaine particulier. ». Béatrice Dias fait partie de l’équipe présidentielle tout en gardant « un vrai lien » avec la Direction Générale des Services, un double rattachement qui perdure à travers toutes les équipes présidentielles qu’elle a connues, et qui lui permet de s’impliquer dans tous les sujets.

Avant, on nous demandait des plans de communication, aujourd’hui nous travaillons des stratégies éditoriales qui irriguent la totalité des plans de communication

Le service de la communication à Lyon 1, c’est actuellement :

  • un social manager
  • un webmaster
  • un graphiste
  • une chargée de communication éditoriale
  • un photographe
  • une assistante de direction

 

Communiquer en temps de crise sanitaire : réactivité et agilité
Le défi relevé par toutes les universités du monde a été partout le même… la communication était au centre de tout… le vrai enjeu était que tout le monde puisse avoir accès à cette communication. En quelques jours il a fallu réinventer tous les supports de communication : newsletter hebdomadaire, rubriques dédiées, FAQ, mails quotidiens aux personnels et aux étudiants, liens sur les réseaux sociaux… « D’un seul coup tout devenait communication, analyse-t-elle. Il n’y avait plus que « la com » pour s’exprimer et toucher nos cibles. Santé, social, numérique, ressources humaines, la communication est devenue un enjeu capital, de santé publique. C’était vraiment inédit ». 
Certes la pression était présente sur le service pendant la période du confinement, mais pour Béatrice Dias, cette pression est demeurée néanmoins « saine ». « C’était fatiguant mais très intéressant, avoue Béatrice. Notre rôle avait un vrai sens, nous répondions à de vraies attentes pour les publics. J’ai par exemple observé l’envie très forte de savoir comment cela se passait chez les autres. Toutes les semaines, nous avons diffusé un « portrait en confinement ». Enseignant, chercheur, personnel ou étudiant, nous leur demandions : et vous, comment ça se passe ? Il s’avère que ce sont les articles qui ont été les plus lus » ! Quant au télétravail, l’équipe du service communication s’est beaucoup investie. Pour autant, malgré les réunions hebdomadaires en visio-conférence, des échanges et des points téléphoniques réguliers, rien ne remplace la réactivité du présentiel : "les réunions « café », les échanges impromptus dans les couloirs ont manqué… Nous avons repris le chemin des bureaux avec un réel plaisir !

 Trois scénarios pour une rentrée 
A Lyon 1, les 3 scénarios de la rentrée sont prêts : une rentrée soit présentielle, hybride ou distancielle. « L’enjeu, pour nous, ce sont les nouveaux arrivants, en particulier les bacheliers qui ont passé 6 mois en confinement et pour lesquels il était inenvisageable qu’ils ne viennent pas sur le campus à la rentrée », explique Béatrice. L’Université a donc décidé d’alléger la semaine d’intégration, la réduisant à une journée par portail, répartissant les étudiants dans 5 ou 6 amphis le matin pour conserver la distanciation nécessaire. « Pour l’après-midi, nous avons conservé un escape game qui s’appuiera sur une application mobile (potentiellement dématérialisée au cas où les conditions sanitaires exigent de de renoncer à son organisation en présentiel). Cet aspect ludique fonctionne très bien pour découvrir le campus par petits groupes ».
 

Investie dans l’Arces depuis 10 ans 
« Il est indispensable de s’appuyer sur un réseau qui effectue une veille permanente sur nos métiers. Il constitue une force pour avancer, nous réinventer, questionner nos pratiques et en fin de compte, être bons tous ensemble. C’est le sens que je donne à mon engagement à l’ARCES depuis de nombreuses années. L’Arces est un réseau vertueux qui m’a beaucoup apporté au début de ma carrière, lorsque j’étais chargée de communication. Aujourd’hui, il est normal que je m’y investisse pour rendre la pareille » …

 
 
 
 Lire aussi : Témoignage d'Aline, Social Manager de l'Université de Lyon 1
 

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