Publier directement sur Linkedin Pulse auprès d’une audience de 11 millions de membres français, 433 millions dans le monde, une petite révolution dans la diffusion des contenus… Interview.
 



L’Arces – La plate-forme de contenus éditoriaux de LinkedIn a été lancée en France en janvier 2016. Pourquoi ce décalage par rapport aux versions anglophones plus anciennes, et quel bilan en tirez-vous après quelques mois d’existence ?
 

Sandrine Chauvin – LinkedIn a souhaité étendre cette plate-forme éditoriale à d’autres langues dans l’idée d’en faire levier de sa stratégie de développement international, après en avoir constaté le succès aux Etats-Unis. Le français fait partie des langues sélectionnées avec l’allemand et le portugais. L’expérience anglo-saxonne a montré que les Influencers – patrons de grandes entreprises, personnalités politiques, experts, figures de l’univers de la technologie ou de la recherche – ont rapidement saisi l’intérêt de partager leurs prises de paroles sur LinkedIn.  C’est pour eux un moyen de créer un dialogue avec leurs contacts dans le cadre d’une communication qu’ils maîtrisent. Pour autant, il n’est pas nécessaire d’être un grand nom pour pouvoir partager un avis ou une analyse puisque chacun des 11 millions de membres français peut désormais publier des billets. En étendant cette fonction de publication à tous les membres, nous répondons enfin à leurs besoins de partager du contenu les aidant à mieux à gagner en visibilité, à mettre en avant leur expertise.

 

L’Arces – D’autres acteurs (réseaux sociaux, médias classiques, sites d’information…) ouvrent leurs espaces à ces grands témoins. Qu’est-ce que LinkedIn a de plus ?

Sandrine Chauvin – LinkedIn leur ouvre l’accès à une audience professionnelle. Ils ont les moyens de suivre avec une grande finesse qui les lit et qui interagit ou s’engage avec le contenu qu’ils publient. Notre plate-forme permet à un contributeur de savoir qui s’intéresse à sa publication, dans quel secteur il travaille et ce qui l’intéresse.

 

L’Arces – Comment des écoles ou des Universités peuvent-elles utiliser cette nouvelle possibilité ?

Sandrine Chauvin – LinkedIn, avec 433 millions d’abonnés dans le monde dont 11 millions en France, offre des perspectives non négligeables en termes de viralité et d’influence sociale : 200 000 articles sont publiés en moyenne par semaine. Pour des universités ou des grandes écoles, c’est une manière d’étendre leur influence en dépassant le cercle de leurs anciens pour toucher un public élargi, grâce aux contenus diffusés et partagés par leurs membres : dirigeants, chercheurs, étudiants…

 

L’Arces – Si vos 11 millions de membres se mettent tous à publier des contenus, il sera délicat d’exister sans être noyé dans la masse. Jouez-vous un rôle dans la mise en avant de contenus particuliers ?

Sandrine Chauvin – A un premier niveau, toutes les publications sont vues par les contacts d’un membre. A un second niveau, une équipe éditoriale de journalistes retient certains contenus pour les mettre en avant, en choisissant ceux susceptibles d’intéresser une audience professionnelle en termes de développement professionnel, de veille technologique ou d’actualité économique et/ou sectorielle. Enfin, chacun peut construire son propre fil d’actualité en choisissant de suivre des chaînes thématiques, par exemple « Actualités & Analyses » ou « Tech & Entrepreneuriat ». Chaque membre devient acteur de sa consommation d’information en sélectionnant les informations auxquelles il souhaite accéder. Il construit sa propre timeline à la carte.

 

L’Arces – L’écriture est un métier qui demande des compétences spécifiques dont tous les chercheurs ou les dirigeants n’en sont pas naturellement doués. Comment faire en sorte que leurs contenus soient adoptés aux habitudes de lecture de leur lectorat ? 

Sandrine Chauvin – Chaque membre reste entièrement maître de sa manière de rédiger ou d’habiller un article grâce aux fonction d’editing et de mise en page que permet l’interface. En revanche, seuls les contenus qui se caractérisent par un angle pertinent - pourront être mis en avant par l’équipe éditoriale.

 

 L’Arces – Pour un chercheur ou un dirigeant d’établissement, quel avantage y a-t-il à publier sur LinkedIn plutôt que de chercher à apparaître dans les grands médias traditionnels ?

Sandrine Chauvin – La principale valeur ajoutée d’une plate-forme comme la nôtre réside dans le fait qu’elle cible une audience dans un contexte professionnel. Un chercheur qui publie régulièrement va gagner de nouveaux followers et étendre par là-même son influence sociale. C’est une manière de valoriser son expertise auprès d’un réseau de pairs et de personnes intéressées par les sujets qu’il traite. Par ricochet leurs établissements tirent parti de cette influence croissante en élargissant leur audience et en renforçant leur présence sur les réseaux sociaux. Aux Etats-Unis, la chaîne Education compte par exemple plus de 5 millions de followers.

 

L’Arces – Ne craignez-vous pas que certains se servent de LinkedIn comme d’une nouvelle manière de diffuser des contenus trop « publicitaires » ?

Sandrine Chauvin – Une première limite tient à ce que l’équipe éditoriale veille à ne pas mettre en avant des contenus promotionnels. Une deuxième limite réside dans le fait que les auteurs publient sous leur propre identité et pas au travers d’une marque ou d’une entité quelconque.

 

L’Arces – Comment des étudiants peuvent-ils s’emparer de cet outil ?

Sandrine Chauvin – Ils peuvent commencer par l‘utiliser en tant que lecteurs, en s’abonnant aux pages des Influencers et des dirigeants d’entreprise qui les intéressent. C’est une manière de se familiariser avec la culture propre de tel ou tel groupe. En cas de candidature, cela permet d’arriver à un éventuel entretien d’embauche avec une connaissance plus fine de la réalité de la société qu’ils souhaitent rejoindre. A un second niveau, ils peuvent commencer à publier sans attendre d’avoir connu une première expérience professionnelle, en publiant par exemple des contenus liés à une étude de cas ou à leur champ de recherche. Aux Etats-Unis, LinkedIn a mis en place la chaîne Student Voices. Elle permet précisément de mettre en valeur les billets des étudiants et des jeunes diplômés.

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