Jean-Loup Salzmann, président de l’université Paris 13 depuis 2008 et de la Conférence des présidents d’université (CPU) depuis 2012, connait l’enseignement supérieur sur le bout des doigts... Médecin de formation, il nous livre son diagnostic pour nos établissements et notre métier de communicant.


Pouvez-vous nous rappeler en quelques mots ce qu'est la CPU et quel est son rôle?

La CPU représente les universités auprès des pouvoirs publics et de la société. Elle est le porte-parole des besoins des universités. Ce que les universités ne peuvent pas  faire individuellement, la CPU le fait collectivement. 

 
Plus précisément, nous sommes en relation permanente avec le gouvernement, le Parlement, l’Assemblée nationale ou le Sénat sur les questions budgétaires des universités et sur tous les changements législatifs qui peuvent concerner les universités de près ou de loin.

 
Nous représentons 130 établissements, des universités, bien sur, mais aussi des regroupements d’établissements (associations ou Comue), des écoles d’ingénieur et des grands établissements comme le Museum national d’histoire naturelle, l’EHESS…

 
Quel est le fonctionnement de la CPU ?

Nous avons une assemblée générale avec tous les chefs d’établissements qui se réunit une fois par mois. Nous proposons également des réseaux thématiques pour débattre de sujets spécifiques, chacun est présidé par un président d’université. Les commissions (recherche, formation, santé, vie étudiante, international, moyens, juridique) mais également 2 comités, l’un consacré à la transition énergétique et le petit dernier à la …communication !

 
Quel regard portez-vous sur la communication en université ?

Ce que souhaite la CPU c’est améliorer l’image des universités dans la société. Les directions de communication ont un rôle crucial à mener auprès des interlocuteurs de nos établissements : les entreprises, les lycées, les parents d’élèves… Elles doivent aussi informer le grand public et les publics spécifiques, à la fois sur le volet enseignement et sur le volet recherche.

 
Nous avons tous remarqué qu’il y avait une véritable montée en puissance en qualité et en quantité de la communication dans les établissements. Année après année, les outils s’améliorent, la présence de l’enseignement supérieur dans les médias se renforce, l’image en général des établissements est meilleure.

 
Ceci est dû, en grande partie, à l’internationalisation des universités, de nos enseignants et étudiants, de nos entreprises partenaires. Nous ne pouvons plus aujourd’hui rester cloisonnés, centrés sur une vision purement nationale.  Nous avons encore du chemin à parcourir mais nous sommes en bonne voie…

 

Quels sont selon vous les indispensables pour réussir sa communication en université ?

La première chose c’est qu’il faut absolument qu’il y ait une excellente relation entre le chef d’établissement et son équipe de communication. Celle-ci soit l’accompagner  de très près et connaître la stratégie de l’établissement. Elle doit être dans le premier cercle de prises de décision pour savoir exactement quoi dire et quand le dire.

 
Ceci est d’autant plus vrai dans les périodes de choix stratégiques importants comme dans l’établissement des plans quinquennaux, les révisions d’offre de formation, les stratégies d’alliances, les réorientations des politiques de recherche, les actions fortes avec des acteurs territoriaux… Pour toutes ces questions stratégiques, la direction de la communication doit absolument être en prise immédiate avec les décideurs.

 
Pourriez-vous partager avec nous votre vision générale des perspectives de l’enseignement supérieur en France ?

L’ensemble de nos partenaires (pouvoirs politiques, décideurs territoriaux, Medef, proviseurs de lycées…) se rendent compte que l’enseignement supérieur et la recherche sont un élément essentiel pour sortir de la crise, pour transformer notre pays et faire en sorte qu’il reste dans le peloton de tête des pays industrialisés. Nous nous sentons  donc mieux considérés mais nous avons aussi le devoir de répondre à ces responsabilités « nouvelles » qui deviennent de plus en plus fortes.

Ces prochaines années, nous aurons, je n’en doute pas, un rôle majeur à jouer dans les politiques publiques.

 
L'Arces fête cette année ses 30 ans ! Auriez-vous un message à adresser à ses 500 communicants de l'enseignement supérieur?

D’abord, je souhaite à votre association un très bon anniversaire ! Je lui souhaite d’avoir 30 autres années fécondes ! La CPU compte sur vous pour permettre le rayonnement de nos établissements et pour saisir toutes les opportunités et tous les médias pour développer la belle image de l’université en France et à l’international !



L’actu de la CPU : « Ma thèse en 180 secondes »


Résumer un sujet de thèse en trois minutes seulement, tout en le rendant passionnant et compréhensible par tous, tel est le challenge que lancent le CNRS et la CPU aux doctorants. La totalité des regroupements universitaires s’est portée volontaire pour participer à cette 2e édition du concours. A l’issue des sélections locales, les meilleurs candidats s’affronteront le 3 juin 2015 à Nancy au cours de la finale nationale. Les trois gagnants auront ensuite le privilège de concourir à la finale internationale qui se tiendra en octobre 2015 à Paris.  En savoir plus

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