A quelques semaines de la publication de la nouvelle loi de programmation sur la recherche, la Conférence des Présidents d’Université (CPU) vient d’éditer un document visant à alerter l’opinion publique et les législateurs sur la place des universités dans l’écosystème de la recherche en France. Outre les conséquences structurelles que cette loi peut entrainer, elle impactera certainement les services communication des universités en termes d’actions de communication et de médiatisation de la recherche. Quelques éclairages de Johanne Ferry-Dély, directrice de la communication de la CPU.

1) La CPU vient de publier le document « Investir, dynamiser, faire confiance aux universités », pourquoi ?

La vision que l’on a de l’université en France n’est pas la même qu’ailleurs dans le monde. Les universités ont longtemps été dépendantes des organismes de recherche sur les questions scientifiques. La situation a désormais considérablement changé. Il y a d'abord l’évolution significative que constitue le poids des effectifs d’enseignants-chercheurs et de doctorants, et le fait que, quels que soient les statuts, l’essentiel de la recherche se fait dans des laboratoires situés sur nos campus. Notre objectif est en quelque sorte de mettre en conformité les représentations issues du passé avec la réalité d’aujourd’hui. Notre but, avec la réalisation de ce document notamment, est de mieux faire comprendre et faire savoir la réalité des faits.

 

2) Quel constat faites-vous sur la communication sur la recherche en France ?

On ne peut pas dire que l’opinion publique, les médias ne s’intéressent pas à la recherche et à la science. Mais, en dehors de quelques grands sujets de société, notamment en matière de santé, la perception des apports concrets de la recherche reste encore trop limitée. Les enjeux sociétaux de notre monde sont tels que nous devons partager quotidiennement la science avec la société, la science apporte des réponses claires et exactes, elle reste la meilleure réponse aux nuisances engendrées par la désinformation. Le dialogue avec la société est de ce point de vue essentiel et les universités ont un rôle moteur à jouer. Elles sont les seules à lier recherche et formation et pour diffuser, médiatiser la science c’est une immense force !
 

3) Quelles sont concrètement les actions que la CPU met en place pour sensibiliser les responsables communication des universités, (journées..) ?

Les universités n’ont pas eu besoin de la CPU pour prendre conscience de ces enjeux et se professionnaliser en conséquence. C’est certainement cela d’ailleurs qui a naturellement conduit la CPU a affirmé sa volonté d’associer ses membres à des actions à dimension nationale comme Ma thèse en 180 secondes ou le Forum des Nouvelles Initiatives en Médiation scientifique. Concernant la communication sur la recherche notre action auprès des responsables communication s’est particulièrement renforcée cette année avec les enjeux que porte la loi de programmation pluriannuelle de la recherche ( LPPR). Nous avons entrepris un travail collectif qui a commencé avec la diffusion partagée des données de ce document affirmant l’Université comme première force de recherche en France. Prochaines étapes : le séminaire que nous organisons avec l’Assemblée nationale le 18 décembre et une seconde journée de travail consacrée à la LPPR en début d’année. 
 

4) Comment la CPU sensibilise-t-elle les médias français ?

Le succès du concours Ma thèse en 180 secondes que nous organisons avec le CNRS est éclairant, l’enthousiasme que génère ce concours auprès du public et des médias traduit simplement l’excellence et le dynamisme de la recherche française et de ceux qui la portent. Cela nous encourage à promouvoir encore davantage la recherche conduite par nos chercheurs, par exemple avec l’Instant recherche que nous réalisons avec le réseau des vice-présidents recherche et en nous appuyant sur des échanges réguliers avec l’AJSPI, l’association des journalistes scientifiques de la presse d’information.

 
 

 

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