Regroupements, rachats par des groupes industriels, pression économique, changement de relation à l’information, le monde des médias vit un grand bouleversement. Comment ne pas faire le parallèle avec ce que nous vivons dans  l’enseignement supérieur ?



Quel contexte pour les grands médias comme le Figaro aujourd’hui ?


La plupart des grands médias sont aujourd’hui confrontés à 3 phénomènes :
  • Un contexte économique qui freine les investissements publicitaires.
  • Une transformation de nos modèles vers le numérique qui nécessite des investissements techniques et humains
  • Une consommation de l’information protéiforme.

Ces évolutions ont été extrêmement fortes et rapides avec notamment l’explosion des nouveaux médias. Le consommateur peut désormais avoir accès à l’information à n’importe quel moment, n’ importe où, sur le device de son choix. Les grands medias doivent donc désormais produire une information « multi-canal »  pour toucher une audience plus atomisée, qui a, en quelque sorte, repris le pouvoir. A titre d’exemple, en télévision, 50% du public choisit désormais le moment où il regarde une émission. Les consommateurs de médias ne sont donc plus exposés de la même manière aux messages, notamment publicitaires.

Paradoxalement, l’audience des grands médias n’a jamais été aussi importante ; La marque Figaro touche  ainsi + de 18 millions d’individus chaque mois.

L’influence des médias est donc considérable et revêt un atout fort pour certains groupes industriels qui souhaitent  se positionner.


Quel parallèle peut-on faire avec l’enseignement supérieur ?

Dans l’enseignement supérieur, on assiste à une plus grande autonomie des jeunes dans le choix de leur formation, leurs parents ne maitrisant plus aussi bien les informations concernant le supérieur. Nous avons fait une étude il y a 3 ans sur les critères de choix d’un étudiant pour une formation. La recommandation directe par un proche est aujourd’hui à égalité avec une recommandation par les médias, les classements, les réseaux sociaux… Le choix d’un établissement ne se fait donc plus sur la parole d’une seule personne mais dans la comparaison.

 
L’enseignement supérieur connaît également une pression nouvelle liée au contexte financier et économique difficile qui est le quotidien des étudiants, de leurs parents, mais aussi des opérationnels dans les établissements qui ont vu leurs budgets se réduire.

 
Quelles autres évolutions principales avez-vous noté dans les médias ?

Nous l’avons vu, l’enjeu des médias est certes d’avoir des marques toujours plus puissantes mais également d’avoir des audiences qualifiées à partir de contenu de qualité. Le Figaro n’est donc pas seulement un quotidien, c’est également un site WEB, une application mobile avec déclinaisons par secteur, comme Le Figaro Etudiant ou Campus Chanel. Les marques se structurent de plus en plus pour aller chercher les consommateurs de médias avec des objectifs très précis.

Plus spécifiquement, la DATA est bien évidemment au cœur du développement des médias avec la volonté de toujours mieux connaître nos utilisateurs et de leur proposer la communication ou le service adapté.  LE FIGARO a ainsi  opéré un rachat d’envergure avec l’acquisition de CCM BENCHMARK devenant ainsi le 1er Groupe média Digital avec plus de 25M d’internautes et 12.5M de mobinautes

 Il en est de même dans l’enseignement supérieur. Les regroupements d’établissements font naitre aujourd’hui des grandes marques fortes mais en même temps, elles cherchent aussi à se décliner pour toucher leurs différents publics.  Les objectifs ne sont plus les mêmes. Ils sont multiples ainsi que les cibles et les messages.

 
Avez-vous observé des évolutions dans le métier de responsable de communication dans le supérieur ?

Il est de plus en plus global avec un axe de développement fort sur la compréhension des médias. Aujourd’hui, le responsable communication doit se demander : qu’est ce c’est qu’une part de voie, qu’une audience ? comment la catégoriser ? comment la toucher ?

 
Une autre tendance est la nécessaire capacité des établissements à construire des contenus, animer la parole des enseignants et chercheurs par exemple. Ils doivent construire une mécanique intelligente centrée autour des contenus. Il y a à la fois la qualité du message, de l’information mais aussi la puissance du média. Nous avons donc un intérêt commun à collaborer pour proposer des supports de qualités d’un côté et des informations  à fortes valeurs ajoutées de l’autre.

 
Je travaille dans ce secteur depuis 3 années et j’y vois des évolutions majeures à la fois des missions et du positionnement du responsable communication. Je dirais que le marché n’était pas tout à fait mature et qu’il connaît actuellement une accélération de maturité qui n’est pas prête de s’arrêter !

Prochains Évènements