Encore un beau palmarès en 2015 ! Interview croisée de Christophe Rousseau, Université de Nice Sophia Antipolis et Laurence Ecobichon, LaSalle Beauvais, deux directeurs de communication récompensés et heureux !

 

L’Université de Nice Sophia Antipolis a reçu le Coup de cœur du jury de l’Arces dans la catégorie « Digital » pour sa plateforme de contenus d’actualité, le fil UNS. LaSalle Beauvais a, de son côté, obtenu 2 prix, l’un pour ses nouvelles plaquettes au format tabloïd, dans la catégorie « Edition », l’autre pour sa série d’affiches dans la catégorie « Action de communication ». Interview croisée.


L’Arces - Pouvez-vous décrire les opérations qui vous ont valu vos prix respectifs ?

 
Laurence Ecobichon – A l’ occasion de nos 160 ans, nous avons conçu une série d’affiches autour d’un concept graphique imaginé par une agence partenaire. Nous avons décliné en interne cette proposition qui repose sur la réunion de photos anciennes et de photos actuelles, montées en vis-à-vis. C’est une manière de traduire la longue histoire d’une institution qui compte parmi les plus anciennes écoles d’ingénieurs privées de France mais aussi de faire valoir une constante inscrite dans son ADN : LaSalle Beauvais a toujours innové en matière de recherche comme de pédagogie. La force du concept tient à la profondeur de la perspective qu’il ouvre et que reflète le slogan de l’école, « Notre histoire a de l’avenir ». Dans un monde de plus en plus volatile, ce n’est pas inutile de rappeler la puissance presque cinétique d’une aussi longue tradition d’inventivité.


Christophe Rousseau – Une université de la taille de celle de Nice Sophia Antipolis produit un nombre impressionnant d’informations variées venues des services, des laboratoires de recherche, des étudiants, des enseignants… Nous avons imaginé une solution technique capable de rassembler cette masse complexe et hétérogène pour nous permettre de la gérer plus facilement, compte tenu de la relative modestie de nos ressources humaines. Nous nous sommes tournés vers un outil développé en interne qui nous permet, après une saisie unique, d’alimenter le « Fil UNS », un site web dédié à nos actualités.  La logique retenue est celle du bottom up : l’information de base est déposée en back office par les contributeurs eux-mêmes : chercheurs, étudiants… Le service communication intervient pour éditorialiser ce contenu et l’orienter vers les médias sociaux les plus adaptés à l’information : Twitter pour toucher la sphère économique et médiatique, LinkedIn pour les relations avec les alumnis et le monde professionnel, Facebook pour les informations liées à la vie étudiante, souvent plus légères, Instagram dans une perspective plus lifestyle, destinée à offrir des images de la vie sur un campus de la Côte d’Azur…


L’Arces – Comment cette opération a-t-elle été reçue ?

 
Laurence Ecobichon – L’ampleur de l’adhésion des élèves nous a surpris lorsque nous avons décliné cette campagne en interne. Ils y ont puisé de toute évidence un motif de fierté. Le fait de s’inscrire dans les pas des générations précédentes contribue à renforcer le sentiment d’appartenance… À l’externe, nous avons fait le choix de diffuser cette campagne dans le métro parisien pour toucher les candidats potentiels et leurs parents. Le fait de viser l’Ile-de-France n’est pas anodin pour une école de taille moyenne comme la nôtre ; nous n’avons pas les moyens de multiplier à l’infini notre présence médiatique et publicitaire et nous nous sommes donc concentrés sur un bassin de recrutement essentiel, en cherchant à bénéficier d’une exposition maximale. À la rentrée, la même campagne sera déclinée sur Beauvais avec le soutien de la mairie, pour renforcer notre présence auprès d’habitants qui nous connaissent finalement sans nous connaître.

 
Christophe Rousseau – La logique retenue pour alimenter le Fil UNS ne fonctionne que si les contributeurs s’investissent et jouent pleinement leur rôle de contributeur. Pour les convaincre, nous avons apporté un soin tout particulier à la qualité de notre interface graphique, en accordant une large place aux photos prises par la photographe professionnelle présente au sein du service communication. C’est une manière de favoriser l’engagement par la qualité de forme et de fond du média final. À l’externe, le succès est également au rendez-vous, au point que des médias se sont habitués à se servir du Fil UNS comme source d’information.


L’Arces – Quelle est à vos yeux la valeur de ces récompenses remises par vos pairs ?

 
Laurence Ecobichon – J’ai rejoint l’Arces presqu’immédiatement après ma prise de poste, voici une douzaine d’années. Même si ces prix sont plus récents, la qualité du travail de l’association est une garantie de sérieux ; ce n’est pas rien de recevoir de telles récompenses de la part de confrères et de professionnels dont l’expertise n’est plus à prouver. C’est un sentiment de fierté qui domine devant cette reconnaissance qui valide des orientations et des stratégies qui n’étaient pas toujours acquises d’avance. Ces deux prix témoignent de l’estime de nos pairs pour notre travail et deviennent à leur tour des outils de communication interne : nous avons relayé l’information auprès du personnel, des élèves, des anciens, du conseil d’administration…

 
Christophe Rousseau – Recevoir ce prix suppose d’être candidat, donc de présenter un dossier : c’est en soi une première forme d’exigence qui nous pousse à nous comparer en permanence à la qualité des formats que proposent d’autres acteurs ou de grandes agences de communication, pour nous placer sur des standards de qualité équivalents. Recevoir ce prix témoigne de la reconnaissance de nos homologues de l’Arces, experts reconnus dans le domaine de la communication.

 
L’Arces – Quelles sont les prochaines évolutions auxquelles vous pensez faire face dans les prochaines années ?


Laurence Ecobichon – LaSalle est une école de taille moyenne qui ne peut pas se permettre d’adopter immédiatement l’ensemble des innovations et des nouveaux outils qui se succèdent en matière de communication. Nous veillons plutôt à ne rien rater de ce qui s’invente, nous observons ce qui marche, ce qui s’installe et ce qui disparait parfois après des débuts prometteurs. Il est parfois urgent d’attendre pour choisir avec un peu de recul les outils et les stratégies les plus adaptées à nos besoins et à nos moyens, même si la révolution digitale n’en est de toute évidence qu’à ses débuts.

 
Christophe Rousseau – Le regroupement des huit établissements d’enseignement supérieur de la région dans le cadre d’une toute nouvelle Communauté d’Universités et d’Établissements (ComUE) va modifier en profondeur nos ambitions, donc notre stratégie. L’Université Côte d’Azur est conçue pour nous faire sortir de notre zone de recrutement traditionnel pour aller vers des perspectives internationales. Cette ambition dépasse de très loin le seul sujet de la communication mais j’estime que les prochaines années se caractériseront par une série d’évolutions majeures, dont la principale tient à un glissement de la communication vers le marketing, bien que le mot puisse encore faire peur dans le supérieur. Sur le plan technique, sous développerons des outils presque exclusivement pensés pour le mobile plutôt que pour les écrans fixes. Sur la forme, la naissance de la nouvelle ComUE va nous amener à construire un storytelling adapté à cette nouvelle marque, pour la faire vivre et pour en développer la notoriété. Enfin, le phénomène d’überisation qui touche aujourd’hui les taxis, la santé ou l’hôtellerie ne s’arrêtera pas aux frontières de l’enseignement. Nous devrons nous adapter à un monde où il ne sera plus saugrenu de diffuser le savoir gratuitement, donc trouver de nouvelles sources de financement et mieux valoriser la valeur ajoutée de nos cursus.


La liste de tous les lauréats 2015


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